Ils nous avaient fait assez peur avec ‘You Gotta Got There To Come Back‘ les Stereophonics. Déjà qu’avant ça leur avenir semblait tomber dans du pop rock formaté FM mais avec leur dernier opus, on doutait de leurs capacités à créer de nouvelles chansons potables qui ne s’embourberaient pas dans ce miel niais coulant de partout. Il faut croire que Kelly, sous une illumination inattendue se serait enfin réveillé (il se serait écrié après avoir écouté lé précédent album ‘Putain de merde ! Mais on était complètement défoncés lorsqu’on a fait ce disque ! Il me semblait tellement dense‘). Résultat, le groupe semble renaître : nouvelle méthode de travail, rafraîchissement de l’image du groupe (il suffit de voir la pochette de ‘Language. Sex. Violence. Other?‘ pour s’en rendre compte), changement d’entourage dont le nouveau batteur Javier Weyler qui s’en donne à coeur joie pour redonner de la pêche aux morceaux.

Certainement plus rock qu’avant (avec parfois des riffs sortis de The Vines suffisamment bien digéré pour être exploités – ‘Pedalpusher‘), ‘Language. Sex. Violence. Other?‘ se démarque avant tout par son atmosphère prenante et largement cohérente du début à la fin. Chaque titre est une bouchée d’air, avec ses petits passages psychédeliques et aériens ponctués de passage survitaminés où un sentiment de rage prend le dessus. ‘Devil‘, aux allures progressives s’en va monter avant d’exploser sur sa fin, ‘Doorman‘ introduit par une claque à laquelle on ne s’attendait plus depuis plusieurs années de la part des Stereophonics. Sans oublier ces titres tubesques que le trio gallois a l’habitude de nous servir, mais cette fois-ci, de façon réussie. Il y a toujours le moelleux morceau ‘Lolita‘ ou le premier single ‘Dakota‘ très rapidement répétitif et indécrottable, mais il fallait bien ça pour capter notre attention et nous pencher sur ‘Superman (You Don’t Know What It’s Been Like)‘, ‘Girl‘, l’énergique ‘Deadhead‘. Et plutôt que de pousser la chansonnette, Kelly s’en donne à coeur joie et hurle sans aucune fioriture à côté.

Les onze titres se suivent sans aucune interruption, on se rend compte que ça y est, c’est fait et que ça faisait même déjà un bon petit moment ne l’avait pas fait : écouter un disque de Stereophonics dans son intégralité sans le couper. Si ‘Language. Sex. Violence. Other?‘ n’est pas l’album du moment à absolument posséder, ni même l’album du groupe que les fans pouvaient esperer, il est sûrement l’album de l’espoir, celui qui va faire qu’on va recommencer à compter sur eux ou tout simplement, la petite surprise de ce mois de mars.