Il y a plus de sept ans maintenant, le premier album de Louise Attaque se vendait à 2,5 millions d’exemplaires et déferlait sur la chanson française. Unanimes, les critiques manquaient de superlatifs pour qualifier cette bouffée d’air frais qui n’en finit toujours pas de faire danser les gens sur tous les dancefloors d’europe.
Avec un titre en référence directe à une chanson de Bill Haley et un enregistrement au mythique Electric Lady à New-York (studio crée par Jimi Hendrix), la petite Louise tenait visiblement à s’entourer des plus grands pour son troisième opus, ‘à plus tard crocodile‘.

Sortie événement donc, cinq ans après leur dernière production mais surtout suite au détour Tarmac pour le chanteur Gaëtan Roussel et le violoniste Arnaud Samuel. La question qui se pose maintenant est la suivante: Qu’en reste-t-il ?

L’album devrait se lire comme un tout : Un jeu de cohésion entre les chansons, un mécanisme de rappels tant au niveau des titres et des textes qu’au niveau des phrasés musicaux… Une technique qui ne manquera pas de nous rappeller un certain Manu Chaos, soit dit en passant. Mais ça ne dure pas: 18 titres trop longs et hétéroclites, le groupe qu’on connaissait pour ses rondes faciles à entonner en fin de soirée s’essaye maintenant aux ajouts électros et aux enjolivures foisonnantes de voix et d’effets divers. A de rares exceptions près (‘Si l’on marchait…‘, la série en plusieurs épisodes ‘oui, non, encore ?‘ ou le titre-phare ‘si c’était hier‘), le sentiment général est celui d’un remplissage ou d’une grosse jam-session (on préférera ‘la valse‘ au soporifique ‘à l’envers‘) enregistrée d’un bloc. L’ombre du concept de ‘l’Atelier‘ de Tarmac recouvre totalement cet album, balayant d’un coup de sampler la spontanéité des débuts du groupe, à l’époque où la mélodie d’un violon survolté suffisait à servir de ciment fort entre tous les éléments.

Ce violon relégué au rôle de fioriture, restent les textes subtils et poétiques qui nous rappellent que la langue française se déclame plus qu’elle ne se chante, mais avec brio et bonheur.

L’initiative de sortir des structures carrées pour évoluer vers des compositions plus progressives et expérimentales est louable en soi, et la formation française y était d’ailleurs brillamment parvenue sur son précédent album. Mais à trop vouloir en faire, la sauce ne prend plus et le patchwork de ‘à plus tard crocodile‘ est trop dur à déchiffrer. Une lassitude à vérifier ou à décliner en live…