La sortie de ce DVD de Killswitch Engage, ‘(Set This) World Ablaze‘, a été tout d’abord pour moi l’occasion de me replonger dans la discographie de ce groupe. C’est vrai, après tout, la formation semble arriver aujourd’hui à un stade ou elle est un vrai pilier de la scène métal américaine et on entend partout des qualificatifs tous plus pompeux les uns que les autres comme celui d’instigateurs de la vague de New Wave Of American Heavy Metal qui a submergé le globe. L’album phare du groupe, celui qui a marqué le plus d’esprits lors de sa sortie en tout cas, ‘Alive Or Just Breathing‘, n’est pourtant sorti qu’il y a deux toutes petites années. Quand on sait ça, un constat indéniable s’impose : avec cette déferlante métalcore, Killswitch Engage est surement le groupe dont le style a été le plus copié, pompé et malmené depuis longtemps. Les groupes qui ont essayé de mélanger des mélodies à la scandinave et des riffs plus hardcore comme le fait notre quintet du massachusetts se sont tout simplement mis à pulluler en à peine deux ans et pas toujours pour le meilleur. Alors histoire de remettre les pendules à l’heure et montrer à tous ces piètres imitateurs comment on fait du bon metalcore, Killswitch Engage nous sortent leur premier DVD live.

La question que tout le monde se pose est donc de savoir ce qu’on trouve sur cette jolie galette ? En premier lieu on a droit au live lui-même, filmé au Worcester Palladium, Massachusetts, mère patrie de la formation (détail que le frontman Howard Jones n’oubliera pas de rappeler à plusieurs occasions au cours du show…), d’une durée respectable d’un peu plus d’une heure et quart pour quinze titres. En second lieu des bonus vraiment bien fournis : des clips et surtout beaucoup d’interviews et d’images backstage. Beau programme.

Le live démarre avec ‘A Bid Farewell‘ dont le riff de départ et sa lourdeur hardcoreuse instoppable ne manquera pas de mettre en mouvement une foule toute conquise à la faveur du groupe. Puis arrive le refrain, son chant clair aérien, repris en choeur par le public. D’ailleurs, Howard a même un peu trop souvent tendance à laisser chanter le public à sa place sur les refrains en chant clair. Et vu que la set list comporte beaucoup de titre de leur dernier album, qui lui-même comporte une majorité de refrains en chant clair, on aura l’occasion d’entendre qu’à peu près la moitié de ceux-ci. Alors oui, il fait participer le public, pas de problème là-dessus, mais pour peu qu’on ne connaisse pas trop les titres, les hurlements approximatifs d’une foule en délire peuvent vite devenir déroutants. C’est encore plus dommage quand on entend la qualité irréprochable du chant d’Howard et le son général, vraiment limpide mais gardant toujours ce petit grain plus brut d’un live.

Mais le son risque bien de passer au second plan en faveur de l’image tellement le dynamisme de la prestation scénique que nous offre le groupe ici en met plein la vue. On a tout simplement l’impression que les musiciens ne tiennent pas en place : Mike d’Antonio à la basse joue dans des positions plutôt acrobatiques et Adam Dutkiewicz, comme à son habitude, vêtu d’une cape et d’un short qu’on aurait difficilement pu faire plus court, gambade dans tous les sens, lèche son manche, fais des pompes, tout ça entre deux growls si caractéristiques dont lui seul a le secret. Au milieu de tout ce chaos, Howard Jones toujours aussi stoïque et inébranlable se dresse de toute sa masse sur son petit podium et assure le show. En deux mots : excellent concert. Le seul problème reste qu’avec un tel dynamisme, on sent que vers les derniers titres, les musciciens sont vraiment à bout de forces, ce qui ne les empêche pas d’assurer techniquement.

Pour ce qui est du reste, je dois bien avouer que c’est la première fois que je prend autant de plaisir à regarder le concert d’un DVD live que les bonus qui vont avec. Après une brève présentation des membres, on aura droit à un historique du groupe, ou plutôt des groupes, puisque ce début de documentaire nous retrace les différentes formations par lesquelles sont passés tous les membres : Overcast, Aftershock, etc… beaucoup de noms tombés dans l’oubli mais qui auront servi à créer le line-up tel qu’on le connaît actuellement. On a aussi droit à un point sur les difficultés crées par le changement de chanteur, l’occasion pour ses amis de faire l’éloge du très bon Jesse Leach. Mais après ces quelques précisions, le reste est juste de la pure déconnade entre gens très alcoolisés et des interviews toutes plus second degré les unes que les autres. Tout cela étant néanmoins très intéréssant mais vraiment difficile à résumer autrement, voisi quelques citations et morceaux choisis : ‘Il n’y a rien de plus métal qu’un casque de viking’ (Adam D., Killswitch Engage) ; ‘Je sais que ma mère aime Killswitch Engage‘ (Nick, As I Lay Dying) ; ‘Killswitch Engage me donne envie de me battre avec quelqu’un…’ (Cory, Norma Jean) ; ‘Je crois que Killswitch Engage jouent pour toutes les filles au coeur brisé dans le monde.’ (Byron, God Forbid) ou encore ‘Les animaux avec un exosquelette, quand tu les mange, tu gagnes leur forces…’ (Adam D., Killswitch Engage).

En bref, ce ‘(Set This) World Ablaze‘ possède un contenu plus qu’attrayant avec son concert mené de main de maître et ses bonus à foison. Après, c’est sur qu’il faut aimer le métalcore, même si pour l’occasion il est indéniablement de qualité.