Wolfmother, trio jusqu’alors inconnu dans nos contrées, sortait il y a peu son premier album éponyme qui, semble-t-il, était entouré d’une certaine aura, voire même d’une certaine hype, décidément très changeante ! C’est donc après avoir eu vent de cette fameuse branchitude musicale par le biais de leur label que je reçus cet album très surprenant. Mettons les choses à plat d’entrée de jeu, le groupe d’origine australienne explore des sentiers déjà battus et rebattus mais alors avec un talent franchement évident. On peut se prétendre héritier de Led Zeppelin, encore faut-il que les compos suivent et justement avec Wolfmother, c’est le cas.

La pochette du groupe est l’oeuvre de Frank Frazetta, illustrateur d’heroic-fantasy et notamment de son plus célèbre représentant (et ce bien avant toute une bande de nains de jardin partis à la recherche d’un anneau de mariage pour se fiancer), c’est-à-dire ‘Conan le Barbare‘, ce qui pouvait laisser présager d’un album épique. Totalement rétro cette pochette correspond bien à la claque que va nous infliger durant 54 mn Wolfmother, en tout cas, c’est une claque comme on les aime car sous cet apparat très 70’s, on s’aperçoit vite que cette référence n’est pas des plus malvenues et correspond tout à fait l’indentité sonore du groupe. Première constatation, le groupe fait dans le lourd ! On a à faire à une batterie sans pitié, des solos d’orgue dans la plus pure tradition seventies (les titres ‘Dimension‘, ‘Mind’s Eye‘ entre autres en attesteront), des solos de guitares, qui se font de plus en plus rares dans l’univers du rock mais aussi de riffs lourds, preuve en est avec le titre ‘Pyramid‘, qui se tient à la limite du stoner rock de par sa basse d’une incroyable lourdeur et un son clairement hérité du rock psyché. Les guitares rythmées, aux accents parfois bluesy sont clairement affiliées à des groupes ‘de ton papa’, c’est-à-dire Black Sabbath, Led Zeppelin sans pour autant sombrer dans la redite à priori facile (The Darkness ?). N’allez donc surtout pas penser que Wolfmother se contente de recycler allégrement ce qui aurait déjà été fait par ces groupes légendaires car le trio nous livre là un album plein de qualités.
Étonnament, ce groupe encore peu connu a bénéficié des meilleures conditions d’enregistrement avec un studio à Los Angeles aux côtés de Dave Sardy qui a bossé avec Marylin Manson, Oasis ou encore Slayer mais il faut dire qu’en 2004, le jeune groupe avait sorti un premier EP qui avait pu mettre la puce à l’oreille de nombreuses maisons de disques, d’où cette attention particulière. Un groupe clairement inspiré aussi car le chanteur Andrew révélait lui-même dans une interview que lors des sessions d’enregistrement, tous les morceaux approchaient les 8 minutes avant que Dave Sardy ne coupe, afin de les rendre plus mordantes encore et c’est mission réussie car il est presque difficile de croire qu’ils ne soient que trois tant l’album se révèle pêchu !
Wolfmother trouve sa personnalité aussi dans une autre ressemblance en fait (ce qui peut paraître contradictoire à priori), car c’est un peu le side-project qu’aurait pu avoir Jack White si The Raconteurs avaient été bien inspiré ! En tout cas, la voix d’Andrew Stockdale n’est pas sans rappeler celle de White et c’est franchement à se méprendre sur certains titres tant la ressemblance est frappante. Impossible donc de ne pas penser au groupe précité en écoutant les titres ‘The Joker And The Thief‘ ou encore ‘Apple Tree‘ par exemple voire même ‘Tales‘, tant cela y ressemble vocalement mais aussi musicalement ! Derrière ses apparâts 70’s, le son du trio est aussi très proche du rock garage car c’est aussi ça Wolfmother, un son parfois garage, un garage mélangé au rock des années 70 et où la mixture prend vraiment. Seul bémol de l’album, le titre ‘Withcraft‘, selon moi, peut se révéler un peu moins inspiré de par sa répétition. Á noter quand même qu’y figure un solo de flûte, fait plutôt osé pour un album de rock !

Pour résumer, l’album que les Australiens nous proposent est lourd de par son héritage mais aussi de par sa tonalité, clairement maitrisée, qui est loin de lasser, ce qui n’était pas forcément un exercice facile mais dont lequel le trio a eu la véritable capacité de se sortir tout en nous proposant un album qui marquera certainement les esprits en cette année 2006.
Quant à ceux qui auraient la très très mauvaise idée de penser que Wolfmother, c’est The Darkness en plus heavy, je leur laisse la possibilité d’aller jeter une oreille sur leur site Myspace pour se rendre compte par eux-mêmes que ce groupe va bien au-delà du second degré qu’assumaient plus ou moins les rockers décalés. En tout cas, c’est un groupe dont on espère qu’il confirmera aussi bien sur scène, que sur leur prochain album (j’imagine), tout le bien qu’on en pense !