I’d rather fuck who I want than kill who I’m told to.
Le message est clair, Peaches est de retour et compte bien le faire savoir. Rangez donc au placard Courtney Love et ses pauvres frasques ne servant qu’à relancer ses ventes de disque et prenez plutôt le temps de vous attarder sur le cas de Peaches, véritable furie scénique et reine incontestée de la provoc’ musicale. Avec le titre de ce nouvel album, on se rend compte que celle-ci n’a rien perdu de sa fabuleuse verve toute en finesse et de ses idées politiques. Cet opus se payant même le luxe d’être terriblement accrocheur là où les précédents pouvaient sembler un brin répétitifs et un peu trop minimalistes dans leur forme.

Une constatation s’impose vite à l’auditeur, ‘Impeach My Bush‘ est très dansant ! Oui ça surprend de prime abord mais ne vous y trompez, Peaches reste Peaches et ce nouvel album a tous les atouts d’une Californie aussi belle que fausse. Oui, oui car derrière le strass et les paillettes, la chanteuse se lâche avec des textes toujours aussi sulfureux, rien ne valant une bonne partie de jambes en l’air (on ne la contredira pas là-dessus) à deux, voire plus (‘Two Guys (For Every Girl)’), n’hésitant pas non plus à égratigner le machisme ambiant ainsi que la politique américaine.
Au delà de ça, son départ en Californie semble avoir donné une nouvelle vision à la chanteuse la plus trash du moment sur son style musical. Moins dépouillé que les précédents, l’ensemble prend des allures de glam-rock 80’s aux relents électro très prononcés. L’artiste a réussi ici à s’entourer pour l’enregistrement de ce troisième opus de prestigieux invités, tels que l’incontournable Josh Homme (‘Give ‘Er‘), Joan Jett (‘You Love It‘) ou encore Samantha Maloney (Hole, Eagles Of Death Metal), on tend donc vers quelque chose de très électrique, très percutant, très rock mais ne vous y trompez pas, la brunette ne se gêne pas pour se la jouer électro comme sur le titre ‘Stick It To The Pimp‘ aux beats meurtriers mais aussi rap old school comme sur le titre ‘Tent In Your Pants‘. Esprit punk donc pour femme libérée dont les paroles feraient rougir n’importe quelle maman de rappeur !
Qu’on se le dise néanmoins, Peaches n’a jamais sonné aussi électro et rock à la fois, je l’avoue, ce qui n’est pas pour me déplaire car jusqu’ici la chanteuse trash ne m’avait jamais laissé un souvenir impérissable, ses deux premiers albums étant un peu trop arides musicalement parlant à mon goût, comprendre par là, ‘électrop-répétitif’. Ma curiosité naturelle me poussa néanmoins à tendre une oreille à ‘Impeach My Bush‘ et difficile de nier que cet album a su se montrer bien plus accrocheur que ses prédécesseurs, je dirais juste que la différence tient en une production plus léchée, plus soignée, celle-ci ayant notamment incombée à Mickey Petralia (Beck, Eels), synonyme d’un son plus travaillé. Ici, les riffs de guitare sont énormes et les beats sont d’une efficacité redoutable. Elle confirme donc un virage rock qu’elle semblait déjà aborder en quelque sorte dans l’album ‘Fatherfucker‘, on se souvient encore de son duo aux côtés d’Iggy Pop sur le titre ‘Kick It‘ par exemple. La chanteuse surprend réellement et nous livre une succession de titres accrocheurs auxquels il me semble difficile de résister tels que ‘Hit It Hard‘, ‘Boys Wanna Be Her‘, ‘Slippery Dick‘ ou encore le survolté ‘You Love It‘ qui ressemble à s’y méprendre à du Eagles Of Death Metal. Au final, on se retrouve avec un album qui ne s’essouffle vraiment pas, dopé par des titres speeds du début à la fin.

Alors certes, si musicalement ‘Impeach My Bush‘ n’est pas une révolution, Peaches a eu la bonne idée de nous proposer un disque varié aux sonorités très très entrainantes allant du rock le plus basique à l’électro la plus pure en passant par le rap old school. Un album à recommander à tous ceux qui voudraient découvrir le tempérament survolté de la chanteuse la plus sulfureuse du moment, un véritable hymne au sexe et au rock n’roll que vous ne lâcherez pas d’aussitôt si vous y jetez une oreille !