On aurait pu croire que ‘9 Crimes‘, titre d’ouverture de ce nouvel album de Damien Rice (‘9‘ est son nom), allait chambouler notre perception du jeune songwriter irlandais; tant le single est bouleversant et est doté d’une noirceur inattendue pour un type habituellement relégué -à raison- aux bandes originales de films mielleux à l’eau de rose (‘Closer‘ en tête). Mais malheureusement et aussi pour le plaisir de sortir le jeu de mot le plus attendu de l’année : rien de neuf.

9‘, en plus d’avoir pour titre un seul caractère à l’instar de son prédécesseur (peut-être tente-t-il de communiquer ?), garde l’empreinte du moule de ‘O‘. Sans grandes innovations et sans trop se forcer, Damien Rice nous ressert les mêmes morceaux jusque dans leurs constructions : une désagréable sensation d’avoir déjà entendu cet album dès la première écoute… Jusqu’à se demander parfois si Damien Rice ne se parodie pas lui-même inconsciemment.

Et pourtant, la niaiserie bienveillante du premier album a largement été estompée, le violoncelle de Vyvienne Long se fait beaucoup plus discret tout comme Lisa Hannigan à notre plus malheur… pour permettre une grandiose envolée électrique et saturée sur ‘Me, My Yoke and I‘ (… aux relents de ‘Remember‘ version live). Le reste des morceaux gagnent aussi en légèreté et semblent être décomplexés d’un quelconque besoin d’intimité ou de proximité. L’album en devient moins larmoyant et un peu plus folk (‘Coconuts Tree‘, ‘Dogs‘ avec des ballades et des petits singles probables. Damien Rice reste toutefois une valeur sûre, de par sa délicatesse et ses qualités de chanteur, grâce à un album qui, à défaut d’être aussi inattendu ou suprenant que ‘O‘ l’avait été en son temps, suffira à assouvir les chanceux qui iront le voir sur scène, là où il excelle.