Ce groupe est à part. A part parce que chaotique et pourtant assez discret. Formé a partir d’un bout du Brian Jonestown Massacre, relations compliquées avec les maisons de disques, ici la troisième en quatre albums, problèmes de drogues, inspirations mystiques, oui, le B.R.M.C est un groupe atypique. Et ça fait toujours plaisir de voir une nouvelle pochette noire débarquer. Le nouvel album s’apelle Baby 81 et doit renouer, après l’errance Blues acoustique d’Howl avec leur rock crade low tempo des deux premiers albums.

Ca commence plutot bien avec ‘Took Out A Loan, condensé de ce qu’ils savent faire de mieux. Un riff ultra simple répété à l’infini, un tempo lent et une fin en larsen apocalyptique du meilleur effet. On ne peut qu’aprécier. ‘Berlin’ se place en single potentiel, rythmique blues et riff étrange. Première vraie effluve Rock’n’roll, premières gouttes de sueur. Cette sueur coule plus intensément sur le refrain de ‘Weapon Of Choice’, premier single du groupe, qui rapelle les énormes ‘Six Barrel Shot Gun ‘ et ‘Whatever Happened To My Rock ‘n’ Roll’, sorte de chanson punk perdue dans des contrées où se meleraient Rock, blues, sable, brouillard, et sueur, le tout avec la précision métronomique d’une batterie plus carrée que jamais.

La tendance est donc à l’électrique. Plus que jamais le groupe retrouve ses premières amours, le rock amplifié. mais pas n’importe comment. Comptine pop américaine, Not What You Wanted cède la place à l’hypnotique ‘666 Conducer’, qui reprend la recette du groupe, une boucle reprise pendant 4 minutes et une voix toujours aussi élégante.

La fin de l’album est un peu moins trépidante, et on notera surtout la présence du monstre ‘American X’ de neuf minutes. Intense du début à la fin. La quatrième livraison des américains de Black Rebel Motorcycle Club est donc intense, on reste plongé hypnotisé net par les rythmiques et riffs du groupe, mais peut-être qu’il manque un petit quelque chose, ou que certaines orchestrations supllémentaires, souvent justes au passage, sont certes intelligentes ‘Am I Only’, mais pas forcément indispensable. Idéal pour assumer son blouson noir !