Zico Chain est certainement la formation britannique la plus américaine qui soit, bien décidée à nous gaver de leur frénésie musicale héritées des 90’s US et ce, jusqu’à éclatement, le trio s’est donné les moyens d’atteindre son but, notamment en se faisant épauler par le fort recommandable producteur Joe Baresi (QOTSA, Tool). Prouvant par là-même qu’il n’est pas forcément nécessaire d’être très nombreux pour faire beaucoup de bruit. Demandez le menu !

Vous prendrez bien un peu de basse en entrée ? Non, je dis ça parce que dès les premières secondes du titre d’ouverture (‘Pretty Pictures‘), le groupe nous la sert sur un plateau d’argent accompagnée d’un déchaînement d’instrus et d’un supplément de voix cassée offert par son chef/chanteur Chris Glithero. Si au premier abord, on les apparenterait à du gros rock bien gras classique, on s’aperçoit aussi que les anglais de Zico Chain sonnent par moment comme un autre groupe de Seattle… Une impression post-grunge qui se confirme dès le second titre ‘Where Would You Rather Be ?‘ et ses accents Nirvanaesques. Un sentiment difficile à nier pour le groupe puisqu’il semble avoir été en grande partie été influencé par le gros son du rock des années 80-90 ; une partie guitare très en avant, bruyante, supplée par une basse discrète car dévouée à l’unique efficacité des compositions et une section batterie ne manquant pas de mordant. Chris ne cache d’ailleurs pas son amour des riffs un peu crades et de groupes tels que Nirvana, Slipknot mais aussi Oasis ou encore Nick Drake.
On se retrouve donc face à un dilemme, soit on regrette que cette période de frénésie musicale soit finie et on décide de s’en mettre plein les oreilles avec un disque loin de se prendre la tête, servi par une prod’ en béton armé et ayant eu la capacité à conserver toute cette brutalité, soit on se dit que les années 90 et sa mouvance indie/grunge se sont terminées avec le suicide de Cobain et on passe à autre chose. Quoiqu’il en soit, cet album totalement décomplexé risque de provoquer chez certains une envie boulimique d’aller demander du rab’ !
Un seul truc avalé de travers, c’est le sentiment d’homogénéité qui se dégage et qui étoufferait presque cet album, à force de tout envoyer valser à coups de gros riffs et de compositions quasiment copiées/collées, à l’écoute on finit quelque peu par ne plus distinguer un titre de l’autre. Seul le fait d’accrocher à certains refrains plutôt qu’à d’autres permet de se rendre compte que l’on a changé de plage audio. Il est donc quelque peu inutile de revenir sur chaque titre puisque le chef a plus ou moins suivi ici la même recette musicale le temps de ces 11 titres. Seul ‘All Eyes On Me‘ baisse quelque peu de régime malheureusement, le titre n’est pas très intéressant parce que lui aussi trop classique dans sa forme. Sachez cependant que si vous accrochez à un titre, vous risquez très certainement d’accrocher au reste, d’autant plus que la voix de Chris Glithero n’est pas du tout désagréable et franchement bien maitrisée.

Food est donc un album honnête, bien foutu mais qui tourne quelque peu en rond. Pour peu qu’à l’avenir, le groupe se décide à changer sa recette musicale de temps à autre, cela pourrait devenir très intéressant, le son produit jusque là étant assez prometteur. Dans le cas contraire, le groupe prendrait le risque de se voir étiqueté vite écouté, vite consommé, vite oublié façon fast food, comme cette chaîne US de restos dont l’emblême est un clown. En attendant, on n’hésitera pas à se jeter celui-ci de temps à autre dans les cages à miel©…