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Après un premier album de qualité mais passé plutôt inaperçu, « XX », les huit compères masqués de Mushroomhead récidivent avec « XIII », un second album fidèle à leur son. En effet si on a écouté « XX » la ressemblance est flagrante, dans le bon sens du terme. Les deux chanteurs sont toujours là, se divisant les titres à la manière habituelle, c’est-à-dire un phrasé plutôt rappé et aggressif d’un côté et un chant très heavy metal old school de l’autre, se répondant et se complétant parfaitement. La musique est toujours cette hybridation d’électro, de power metal et de gothique, mais avec une touche presque insensible très rétro, et tous les sons de synthé qui vont avec. On aime ou on déteste, en tout cas c’est un style très personnel. Ces fonds de synthé et ces intros au piano ou au violon pourraient être directement sorties de groupes de black ou de gothique que ça étonnerait personne. D’ailleurs l’ambiance générale de l’album reste très sombre, fidèle à l’image véhiculée par le groupe à travers ses masques en cuir noir balafrées d’énormes cicatrices blanches très stylées à la Kiss. Les lyrics sont dans le même esprit, mais toujours très poétiques à la façon du très beau « Solitaire Unraveling » du premier album, avec nottament « Sun Doesn’t Rise », ou « The Dream Is Over » qui pourraient paraître au premier abord très classiques mais qui se trouvent en fait être de vrais petits chefs-d’oeuvres. Mushroomhead a donc l’air bien lancé, se renouvelle sans problème et n’est pas en tout cas à court d’inventivité. Au rayon des nouveautés pas grand chose à signaler si ce n’est quelques polyphonies bienvenues qui confirment bien que le groupe a travaillé beaucoup ses voix, beaucoups plus de ballades et moins de titres conceptuels que certains auraient pu juger comme inutiles comme on en trouvait un peu trop dans « XX ». Mais ce qui est vraiment bien avec Mushroomhead, c’est qu’il est vraiment difficile des les classer dans un style musical précis. Selon les titres on pourrait retrouver des influences extremement diverses allant de Machine Head pour la puissance à l’état brut comme dans « Eternal » à Him pour la voix tremblotante et sombre dans « One More Day » ou encore Fear Factory pour le fond électro et la double pédale hachée de « Eternal ». On sent d’ailleurs parfaitement que cette volonté de sortir du lot est voulue et assumée lorsqu’on entend des ovnis tels que « Destroy The World Around Me » ou « Thirteen » à base de marche militaire ou de corne muse et orgue. Mushroomhead joue en effet du sample et autres effets pour le plus grand bien de toutes les oreilles attentives. L’investissement de tout le groupe, l’âme et la profondeur de cette musique sont presque palpables à chaque note de cet album. Les mauvaises langues diront peut-être que « XIII » est une copie conforme de « XX », ce qui est totalement faux mais compréhensible si on ne s’attarde pas sur tous ces petits détails qui font de ce second album une pièce unique. Ceux qui pouraient être attirés par la ressemblance de Mushroomhead avec Slipknot à cause de leurs masques risquent d’être déçus : ce groupe est tout sauf une autre copie fade et inintéressante puisque les deux groupes n’ont presque rien en commun. D’ailleurs ce nouvel album ce fond encore moins dans le courant musical actuel que l’ancien et ce n’est que pour le meilleur. Mushroomhead s’épanouit, plus inspiré que jamais.