Elf Power est un de ces noms qui se transmet par le bouche à oreille entre les amateurs de pop aventureuse et inspirée.
Appartenant au collectif Elephant 6 (Of Montreal, Apples in Stereo, Neutral Milk Hotel, Ladybug Transistor, Olivia tremor Control…), le groupe de Athens avait frolé l’entrée dans le mainstream lorsque l’album Walking with the beggar boys en 2004 s’était attiré d’élogieuses critiques. Dans le passé assez barré psychédélique, le groupe y dévoilait sa puissance mélodique dans des habits plus attrayants qu’à l’accoutumée.
Sans trop de succès. Tout comme leur dernier opus, le pourtant très bon Back to the web.
Condamné à se débattre dans l’anonymat total, Elf Power revient avec In a Cave à un son plus expérimental tout en proposant des mélodies pour lesquels bien des groupes tueraient père et mère.
Les américains détruisent et triturent leurs mélodies sur quelques titres pour un résultat prenant :on pense surtout au très réussi « A tired army », décousu et inquiétant comme du Robert Wyatt, la perle du disque au même titre que le court « Windows to mars ».
Elf Power sait aussi faire dans le simple comme sur « Softly through the void » à la beauté classique -la ligne de basse fait bien évidemment penser au « Stand by me » de Ben E King– et à la mélodie réconfortante comme pas deux. Ou sur un « The new mythology » entraînant comme le meilleur des Shins.
Malgré ces quelques bons passages, les américains sont souvent bien trop polis (« Fried out ») et n’évite pas quelques clichés (« The demon’s daughter ») et on aimerait un peu de coke dans leurs corn-flakes matinaux, histoire de déconner un peu plus car on frôle l’insipide sur quelques titres.
In a Cave est un bon disque de pop, mélodiquement assez supérieur et généreux qui sait séduire (les harmonies du superbe « Quiver and Quake ») sans jamais céder à la facilité. Le principal problème est qu’on sait, on l’a déjà entendu, qu’ils peuvent faire mieux.