On n’entend qu’eux en ce moment. La sensation du moment. Ils sont en tête des charts en Angleterre avec leur premier album We Started Nothing, opus propulsé par les deux imparables single « Great DJ » (haaaa haaaaa haaaaa) et « That’s not my name » (they call me hell! They call me Sta-cey !). Impossible ou presque de se sortir ces deux tubes de la tête. Vous pensez probablement ne pas les avoir entendu mais croyez moi… vous n’avez pas pu y échapper à moins de vivre dans une cave autrichienne.
The Ting Tings est donc un duo mixte, jeune et beau, anglais à la manière des Blood Red Shoes. Sauf que là où ces derniers s’imaginent une incarnation punk rock, The Ting Tings font de la pop pure et dure. Et cartonnent.

L’album donc. De la pop toute conne. La musique de The Ting Tings échappe d’ailleurs aux adjectifs habituels. Pop uniquement. Rock oui peut être, il y a des guitares mais est-ce que cela suffit ? Dance aussi, on peut penser à Justice. Electro un peu. Entraînant comme les meilleurs singles de Outkast (le synthé de « Fruit machine » rappelle d’ailleurs « Hey Ya ! »), marrant comme les Pipettes, dansant (« Shut up and let me go »), un croisement New Order et AirBe the one »)… Rien de bien cérébral, un disque qui file une envie de se secouer le popotin, léger et frais… complètement formaté mais étrangement ce n’est pas ici déplaisant. Le genre de disque que ferait Yelle si elle avait un cerveau. Un feel-good record. Dix titres et à peu prêt autant de singles prêt à la consommation immédiate. Chaque titre a son lot de refrains aux mélodies simples voire enfantines (« Impacilla Carpisung » qui frôle l’atrophie cérébrale), le tout est plein de tût tût et de bip bip à chantonner avec un sourire débile. Le toujours très subtil fan de Rage Against The Machine n’appréciera sûrement pas mais il y a un côté simple, voire simplet à cet album agréable qui ne peut que plaire au plus grand nombre. De surcroît, The Ting Tings a la judicieuse idée de varier les plaisirs, toujours fruités certes, mais une chanson acidulée telle « Traffic light » peut éventuellement laisser espérer un avenir assez intéressant. On serait presque tenter d’écrire que les singles mentionnés plus haut ne sont pas les titres les plus forts du disque…

Rien d’indispensable donc mais voilà un disque idéal et frais pour l’été, qu’on aura sûrement oublié d’ici trois mois, une sorte de Mika qu’on n’a pas honte d’aimer. Une bonne glace à la vanille. Les fameux quelques grammes de finesse… Profitons-en avant que les trois millions de passages radio nous dégoûtent totalement et ne fassent de We Started Nothing un disque Sunny Delight : excellent mais très vite écoeurant.