En écoutant ce premier album des Rascals, le groupe de Miles Kane, on comprend de suite d’où venaient les chansons les plus déplorables sur ‘The Age of the Understatement‘. C’est donc ce petit coquin de Miles Kane qui a amené ces chevauchés héroïques un peu pitoyables… Bref, les Rascals profitent, c’est bien normal, du projecteur braqué sur eux par le demi-dieu hirsute Alex Turner pour sortir ‘Rascalize‘. Qui, sans surprise, sonne, Arctic Monkeys. Et offre quelques beaux titres, à l’énergie communicative, à l’entrain de The Coral pré ‘Roots and Echoes‘. ‘Rascalize‘, la chanson, s’impose doucement, rythme saccadé, introduction parfaite avant ‘Out of dreams‘, excellente pop song furieuse. Et les Rascals en ont quelques autres de cet acabit en stock. Mais, trop souvent, deux gros défauts apparaissent : Miles Kane et ses copains tentent des choses un peu trop complexes pour leur petite stature, et, surtout, sombrent par moments dans une grosse saturation balourde bien moche. Pire, lorsque nos jeunes lads combinent les deux défauts, on a le sentiment d’un groupe qui se réclamerait de Muse. Ce qui fait rapidement chuter l’intérêt du disque.

Toutefois, le vrai gros problème de nos coquinous est leur manque de chansons. « Hé, mais qu’est ce qu’il dit lui manque de chansons, il y en a douze ? ». Oui mais rien de bien transcendant. Grosso-modo, il n’y a pas un vrai refrain même si on note ici où là une habile mélodie. Des débuts qui semblent ne pas savoir où vraiment aller (le diptyque ‘Fear invicted into the perfect stranger‘/’Does your husband know that you’re on the run‘) et donc vont n’importe où. Et un peu trop souvent, même si ok le rapprochement est facile, les plans piqués à Arctic Monkeys sont un peu trop audibles, l’album entier sonne comme un ‘Teddy Picker‘ de quarante minutes. Sauf que ‘Teddy Picker‘, difficile de se la sortir du crane. Ce n’est pas exactement le cas ici. The Rascals se montre plus convaincant sur ses titres rock-pop forgés dans l’Angleterre la plus pure, même si le tout manque de mélodies vraiment travaillées et surtout, de délicatesse (‘Stocking to suit‘ y va à coups de forceps…) tant le groupe enfonce quelques portes déjà bien ouvertes.

Un début qu’on peut qualifier de prometteur sur une bonne moitié du disque assez convaincante, on espère que la plume va s’affiner dans le futur, toutefois on ne va pas se pâmer devant The Rascals, des gangs comme eux, il en sort 10 par mois… Il va tout de même falloir en faire plus pour sortir du lot.