Ah Carl Barât, le beau gosse fier, plein d’honneur mais tellement sensible dans son petit coeur. Il semble condamner à pleurer ad vitam eternam la fin de ses Libertines chéris et de sa belle amitié avec Doherty qui a préféré à cette belle amitié virile les charmes de Kate Moss. Pour s’en remettre, Carl a fondé Dirty Pretty Things, groupe thérapeutique dont le premier album, prometteur, ne parlait que de trahison, d’amitiés brisées… Cependant ‘Waterloo to Anywhere‘ était fort convaincant, notamment dans ses moments les plus ronds. De fait, on attendait pas mal de ce ‘Romance at short notice‘. Carl l’avait annoncé plus accessible et plus pop. On imaginait un disque à la Kinks. On se surprenait à rêver.

Et la première écoute est un désastre. Exit la production travaillée et précise de Dave Sardy. Un album de démos. Un gros bordel d’alcoolo genre le premier BabyShambles. Avantage : spontanéité, authenticité. Inconvénient : les mélodies, il faut les chercher à la pelleteuse. A cet égard la seconde moitié du disque est un cauchemar pour les fans de productions chromées à la Moby, Kravitz ou, dans un autre extrême, Reznor. Il est compliqué de distinguer les morceaux. Le tout semble bien peu travaillé même si entre deux canettes vides on trouve ‘The north‘, ‘blood on my shoes‘ ou ‘truth begins‘, trois excellentes chansons. Tout aussi excellent, le single ‘Tired of England‘ dont le middle 8 restera comme l’un des meilleurs moments des singles de cette noble année. ‘Hippy’s son‘, ou ‘BURMA‘ complètement ivre. ‘Plastic Hearts‘, prochain single, très convaincant aussi. Mais clairement, c’est une déception au final. On espérait tant que Dirty Pretty Things parte à la conquête des charts que ce freinage laisse dubitatif. Si bien qu’on en arrive à se demander ce que le groupe à chercher à faire sur ‘Romance at short notice‘… Raté semble être le mot adéquat. On ignore ce qui s’est passé mais cet album ne fait pas avancer le schmilblick DPT. Thérapie ou vrai groupe avec vraies ambitions ? Si la deuxième option s’avère vraie, il va falloir que le beau brun se ressaisisse s’il ne veut pas qu’on se souvienne de lui uniquement comme le mec qui pleurnichait la fin des Libs. Ce qui semble être de plus en plus le cas…