Il aura suffi à la communauté de fans de rock de savoir que Zack De la Rocha était à nouveau en studio pour créer l’émoi. L’artiste en profitant même pour collaborer avec un autre musicien aguerri en la personne de Jon Theodore, ancien batteur de The Mars Volta, voilà donc une association qui s’annonçait prometteuse. Il faut dire en plus que les passages de Zack en studio étaient assez éphémères ces dernières années : entre un album solo jamais achevé ou encore un simple titre pour le film de Michael Moore, ‘Fahrenheit 9/11‘, ou une rapide participation sur un titre de Saul Williams, cela restait très léger pour une icône musicale des années 90. On peut donc dire qu’apprendre que l’artiste allait sortir 5 nouveaux titres d’un coup, ça avait de quoi intriguer et surtout estomaquer.

Et pour entrer dans le vif du sujet, je reprendrais une phrase du chroniqueur fantôme « De La Rocha n’est pas un musicien ». Oui ! Même quand il n’écrit pas les chroniques, il les pourrit notre Casper ! Mais ici, force est de le constater ! Car si le premier titre ‘Wild International‘ se révélait assez plaisant sans être transcendant via le phrasé si caractéristique de Zack, le synthé omniprésent voire oppressant et surtout la virtuosité de Theodore à la batterie, il faut dire que la suite ne propose rien de plus puisque se révélant quasi-similaire au premier titre balancé sur le net ! Á croire que tout le monde lors de l’enregistrement était conscient que De La Rocha n’aime pas passer plus d’un quart d’heure en studio, du coup, on a continué tel quel avec la même formule instrumentale !
On en vient donc à se dire que Zack a fait du Zack sans vraiment se soucier de plus, ici il chante à sa façon, point barre. Et les synthés dont il s’est occupé n’apportent absolument rien au reste des compositions ! Le travail de Theodore aux percus me semblant même quelque peu gâché par ce synthé «bourdonnant» quasiment sans cesse sur le reste des titres. Au final, on a donc un simple EP de 5 titres de rap-rock prog répétitif tout en saturation dont aucun titre ne ressort par manque d’exploration réelle.
Seul le titre ‘One Day As A Lion‘ va permettre à l’auditeur de souffler puisqu’on arrête ici le délire de la saturation pour la guitare et la basse. En ressort un titre très axé RATM, il faut bien le dire, en partie dû aux effets de gratte directement héritées de Morello. Mais c’est malheureusement trop tard, cette tentative constituant déjà le dernier morceau de l’EP.

Voici donc un EP que l’on attendait puisque impliquant le trop rare Zack De La Rocha, en ressort une galette quelque peu décevante qui, si elle sait faire mouche sur certains points -chant toujours aussi percutant, batterie sans faille-, n’enthousiasme pas non plus autant qu’on l’eût espéré. Bon point néanmoins, Zack semble prêt à combattre sa phobie des studios, on espère donc que l’artiste continuera sur sa lancée mais saura proposer autre chose que des « copier/coller » de ses essais.