Amanda Palmer, voilà un nom qui va, sans conteste, avant tout parler aux amateurs de The Dresden Dolls ! D’ores et déjà chanteuse et compositrice du duo de cabaret punk, on s’étonnerait presque de cette aventure solo même si Amanda a toujours annoncé que les titres qui figureraient sur cet album seraient, avant tout, des ballades accompagnées de piano n’ayant pas trouvé leur place sur un album des Dolls ! Ha ben oui là forcément, on se dit que ce serait con de passer à côté (genre dans la cuisine).

Certains vous diront donc qu’écouter Amanda Palmer revient donc à boire du coca light ! Ça a le goût de, la couleur de mais ça n’en est pas (en l’occurrence du Dresden Dolls). Ensuite, certains vous diront qu’ils préfèrent l’un ou l’autre parce que vous comprenez ‘le goût est meilleur‘. Là aussi, tout est une histoire de sensibilité (comment peut-on aimer le light ?) Car cet album solo porte bien évidemment la marque de The Dresden Dolls peu importe l’absence de l’incroyable batteur Brian Viglione, il y a des percus aussi sur cet album, difficile de faire sans me direz-vous. Donc à moins de fondre sous le soleil californien tel Chris Cornell, il y avait peu de chances de voir Amanda partir en free jazz électro tendance post-metalcore et encore moins de faire appel à Timbaland pour mettre des basses là où elle n’aurait pas su quoi mettre en instruments.
Seule différence ici, l’artiste ne s’interdit aucun instrument, cymbales, orgue, chandelier, violon, trompette, tout (ou presque) va y passer. Amanda va ainsi développer des sonorités jusque là si familières des Dolls et tenter de les transcender plus encore avec une orchestration loin du minimalisme de certains titres du duo de cabaret punk. Plus théâtrale que jamais l’artiste n’hésite pas même à sectionner son album en deux actes, plantant à chaque titre un décor de scène bien propre à son univers. Néanmoins, il est parfois difficile de ne pas penser en permanence aux Dolls, le son étant quand même très très proche de ce que l’on connaît déjà de l’artiste (‘Astronaut‘, ‘Runs In The Family‘ ou encore ‘Oasis‘ malgré ses choeurs 60’s). Ce qui n’empêche en rien l’album (et même bien au contraire) de briller par certains moments, Amanda habitant chacun de ses morceaux telle l’actrice principale d’une oeuvre voguant entre explosivité et intimité, renforçant à chaque morceau la théâtralisation d’un cabaret punk déjà bien étrenné. L’album oscille donc entre scènettes musicales enlevées (tels ‘Leeds United‘ dotée d’une orchestration festive et riche -merci la trompette du Colonel Moutarde ou encore ‘Guitar Hero‘ comptant la participation de Bay Ray des Dead Kennedy -) et scénettes plus intimistes trouvant leur point d’orgue avec ‘Have To Drive‘, tout en sensibilité et carrément servi par une chorale même si j’avoue que dans ce registre, j’ai un peu plus de mal. ‘Ampersand‘ me semble néanmoins sortir quelque peu du lot avec sa douce montée en puissance soulignée par une orchestration de toute beauté. Un souci avec le light ? Possible. Dommage par exemple qu’un titre comme ‘Blake Says‘ n’atteigne toute son intensité émotionnelle qu’un court instant (une partie instrumentale) là où ‘Strength Through Music‘ se fait un brin trop pompeux à mon sens. Même constat pour les deux titres de fin, je ne puis m’empêcher de passer au travers malgré les écoutes (‘The Point Of It All‘, ‘Another Year‘).

Alors que dire de cet album ? Et bien qu’il ne surprend guère après No, Virginia qui arpentait déjà certains chemins jusque là non explorés par les Dolls. Bien évidemment, il ne s’agît aucunement d’un album au rabais mais bien d’un disque doté d’une âme, sûrement celle de The Dresden Dolls qui ne cessera de vous hanter à l’écoute de ces quelques titres. Néanmoins, force est de constater que s’il reste efficace grâce à une partie instrumentale riche, il ne surprend pas ou peu, ce qui n’enlève rien à la qualité d’interprète et de composition d’Amanda, véritable artiste à part entière.
Maintenant, saurez-vous enfin déceler qui a tué Amanda Palmer et où ?