Le sucre c’est bon, mais comme l’indiquent si subtilement nos services de santé, évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé. C’est ce qu’on pourrait reprocher à Mercury Rev. Leur pop symphonique a pendant un moment été synonyme de grâce et de puissance poétique visionnaire à la William Blake. Sur l’album ‘All is dream‘, le sucre a commencé à être trop prononcé… A commencé la dérive vers une BO d’un film de Disney. Bambi de préférence. Le suivant a conforté cette grandiloquence, cette préciosité, les arrangements herculéens, le too much à tout prix, doublé d’une grosse impasse artistique.

Sur ‘Snowflake Midnight‘, c’est peu ou prou la même chose. Quelques rythmiques synthétiques quelques peu datées semblent être présentes pour relancer la machine (‘Butterfly wing‘) mais en vain : l’album sonne comme un disque de remixes des précédents efforts effectués par un DJ neuneu qui doit sûrement penser que David Guetta ou Martin Solveig sont les Burt Bacharach ou Ray Davies de notre temps.
Auto parodique, comme d’habitude très précieux (‘Runaway raindrop‘), l’album défile sans grand intérêt même si, on le redit, Mercury Rev tente de se renouveler (‘Senses on fire‘ ou la complainte du Goku devenu Super Saïan, peu importe l’orthographe). On flotte toujours dans une ambiance messianique post apocalypse (‘October Sunshine‘) et à moins d’avoir 16 ans et d’avoir abusé du bédo et du Seigneur des Anneaux, on ne voit pas qui pourrait apprécier… ça. Le gars de Muse éventuellement. Michael Jackson sûrement.
Mercury Rev paraît tel un déséquilibré mental perdu dans son propre labyrinthe cérébral dans lequel des papillons de lumière flottent au gré du vent cosmique avant que l’elfe offre la poudre magique qui permettra de libérer le flot d’énergies négatives qui a brisé le sceau du maléfique Skeletor, ennemi juré des protecteurs de la montagne sacrée.
Un disque plus comique que cosmique, donc.