Ah Morrissey… Le héros de toute une génération de fins lettrés voyant en lui le messie qui les sauverait de la prison mentale de leur chambre d’ado… Inutile de revenir sur les Smiths mais on peut lancer comme ça, vite fait, que le Moz est revenu dans les bonnes grâces du public cette décennie depuis ‘You are the quarry‘ et son successeur ‘Ringleader of the tormentors‘.

Ces jours-ci parait ‘Years of Refusal‘. Produit par feu Jerry Finn, l’homme qu’on ne remerciera pas pour Greenday, Sum 41, Blink 182 mais aussi producteur de l’album ‘You are the quarry‘. Le moins qu’on puisse dire, c’est que souvent dans ce nouvel album, la production n’est pas fine. Refrains téléphonés et batteries éléphantesques (Matt Walker, ex-Filter ex-Smashing Pumpkins, à la batterie) se disputent à coup de guitares tonitruantes. Niveau chant et paroles, Morrissey fait du Morrissey comme dit l’audacieux qui sommeille en chacun de nous. L’homme passe son temps à geindre, à nous énumérer les mille et unes vérités qu’il vient de découvrir. Comme d’hab’. Paradoxalement, c’est un peu là que le bât blesse. ‘Years of refusal‘ donne l’étrange sentiment que Morrissey essaie de nous faire croire qu’il a 22ans, qu’une nana lui a fait des misères et que du coup il découvre la vie. Des paroles à la je souffre mais ce n’est pas comme si je m’étais pété le colonne vertébrale ou choppé une maladie, il y en pleut de tous les côtés et le cynisme rapplique au galop. Moz défonce des portes qui sont déjà complètement ouvertes depuis belle lurette ce qui donne à sa leçon de vie un aspect proche du ridicule… Passée cette catastrophique impression, ‘Years of refusal‘ offre tout de même de fort bons moments à commencer par son charmant single ‘I’m throwing my arms around Paris‘, vite obsédant, ‘All you need is me‘ ou ‘That’s how people grow up‘… Toutefois, en dépit de ces indéniables solides moments, ‘Years of Refusal‘ semble être un disque mastodonte taillé pour ne pas dire bodybuildé uniquement pour la scène, juste un disque de plus. Écouté et vite oublié.