A l’origine Karma To Burn devaient tourner aux Etats Unis puis en Europe avec The Sword. Début octobre, Alias production annonce que le concert prévu à la Flèche d’Or le 24 novembre est « malheureusement annulé pour raisons médicales. » La cause véritable était en réalité le départ du batteur de The Sword. S’ensuit alors l’annulation de la tournée européenne. Les dates dont Karma To Burn assure la tête d’affiche sont conservées et celles en première partie de The Sword maintenues tant bien que mal mais en première partie d’autre artistes. C’est ainsi que Karma To Burn se retrouvera en fait en première partie de Sonic Syndicate la veille dans la même salle.
19h30 J’arrive devant la Flèche d’or où de nombreux fans font déjà la queue dans le froid de novembre. Une grande majorité d’ados assez lookés, pantalons squelette et mèches babylissées. « Alors c’est ça la Flèche d’or ? J’y étais jamais allé. » C’est vrai que la salle est plus connue pour ses soirées que pour ses concerts de metal.
On patiente dans la salle relativement vide. Ils ont eu le bon gout de choisir Rated R et Songs For The Deaf des Queens Of The Stone Age pour musique d’attente. Ca aide à faire passer le temps.
La salle se remplit peu à peu puis entrent en scène Blow Sight sur l’intro de « The Number Of The Beast » avec pour fond la musique de l’Étrange noël de M. Jack. J’aime beaucoup les deux, mais les associer comme ça…
« I Wish You 666 » résonne dans la Flèche d’or. Le son est clean, rien à redire.
Ils utilisent tous les « trucs » pour faire participer le public et ça marche plutôt bien : ça jump, ça tape dans ses mains. Une blague : « Notre bassiste fait la gueule parce que j’ai chié dans son lit. » « C’est pour ça que je pue ». Un léger bide mais c’est pas grave, ils enchainent. Je vois passer Will Mecum qui se dirige vers le bar.
Le chanteur annonce une chanson « pour les metalheads ». En effet elle commence violemment et toute la fosse forme un pogo. Bien sur le public était peu nombreux (pas plus de sept personnes l’une derrière l’autre) mais c’était déjà pas mal. Les projos éclairent la fosse. Mais cela ne dure pas plus de dix secondes et le cri est remplacé par un chant mielleux comme le metalcore sait si bien faire. Le pogo s’arrête net.
Pendant la sympathique et plutôt marrante reprise de « Poker Face » de Lady Gaga, Paul Valette l’ingé son de Karma To Burn viens mater la première partie à côté de moi. J’en profite pour leur souhaiter un bon concert malgré le peu de monde.
Fin du set de Blow Sight. Ils lèvent des drapeaux tendus pas les fans et les remercient encore.
Leur show était propre et on peut dire qu’ils savent communiquer avec leur public. Malheureusement peu d’originalité et toujours ce chant un peu niais… Enfin je ne jugerais pas là-dessus. Le metalcore c’est pas vraiment ma came, c’est tout.
Les lumières s’allument, « Songs For The Deaf » reprend, les fans de Blow Sight vont pisser et je m’avance afin de bien me placer pour Karma To Burn. Blow sight rassemblent leurs instruments tout en serrant les mains des premiers rangs. Pas de doute, ils tiennent à leur fanbase.
Puis Karma To Burn et Paul entrent en scène et installent leur matos. Ils placent leurs setlists dignes des résultats d’un tirage du loto, effectuent un rapide soundcheck et c’est parti.
On se prend un morceau des Appalaches en plein dans la gueule. « Nineteen » que certains connaissent comme le générique de Guerilla Radio retentit et ça commence à remuer dans la fosse. Rob Oswald est concentré sur ses futs et fait rare, il ne cassera rien ce soir. Rich Mullins, toujours pattes écartées lance des regards aux fans les plus à fond. Will Mecum, casquette vissée sur le crane se charge de la communication avec le public. Ils enchainent ensuite avec un autre titre d' »Almost Heathen« , « Thirty Four« . « Eight« , un instrumental du premier album éponyme permet à la foule de crier à chaque fin de riff. La guitare est un poil en retrait, ce qui met en avant le jeu de Rich Mullins. Viennent ensuite deux morceaux plus rares. « Forty Seven » un inédit qui figurera peut être sur le prochain album et « Fourteen« , un bonus d' »Appalachian Incantation« . Un dernier morceau d’ « Almost Heathen« , « Thirty Six » et son alternance attente/violence donnent lieu à pas mal de pogos. Les groupies du premier rang qui veulent garder leur place pour Sonic Syndicate font la gueule et s’indignent quand on a le malheur de les pousser. Certaines profitent de cette « pause » pour checker facebook sur leurs blackberry. Puis on passe au dernier album en date, « Appalachian Incantation« . Ce sont l’épique « Fourty One » et l’entrainant « Forty Three » qui sont choisis. Le concert se termine par deux titres de « Wild Wonderful Purgatory« , « Twenty Eight » puis « Twenty » qui permet à Will de lancer son habituel « tequilaaa ! »
C’était encore une grande claque dans la gueule. Une violente chaleur venue réchauffer cette triste soirée d’hiver. On notera l’absence de Daniel Davies le chanteur de Year Long Disater ayant récemment rejoint Karma To Burn, consacrant ainsi une sorte de fusion entre les deux groupes. Cela explique le set entièrement instrumental, qui n’était pas pour me déplaire.
J’avais prévu de rester regarder Sonic Syndicate, pour voir. Mais sur le moment j’ai préféré partir pleinement satisfait avec le set de Karma To Burn en tête.
En sortant je croise Paul et Rob que je remercie pour cette soirée.
Dans le métro un vieux bourré diffuse AC/DC à fond sur un vieille chaine qu’il tient à l’épaule comme un ghetto blaster. La vie est parfois étrange.
