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La dernière apparition des Bombay Bicycle Club à Paris datait de l’édition 2012 de Rock en Seine. 18 mois. Manifestement un délai bien trop long pour le public de la capitale qui a répondu présent puisque le concert est sold-out depuis des mois. En plus, un nouvel album s’est invité dans la discussion. Sorti le 3 février leur quatrième album “So Long, See You Tomorrow” ne convainc pas totalement. Une expérimentation vers des sonorités indiennes et asiatiques pas toujours des plus heureuses, un déséquilibre entre une première moitié très dynamique et une deuxième très posée vraiment plan-plan forment un bouillon de culture difficile à appréhender. Ici, peut-être que le temps ne rend pas encore justice au petit dernier. A chaque sortie, ils nous ont habitué à modifier leur son, mélange du meilleur de la folk pour les mélodies et de toute l’efficacité et l’immédiateté du rock indé. Ce qui fait que tu peux sauter sur place tout en donnant la main à ta donzelle. Bon sens du timing propice en cette Saint-Valentin.

Les ouvreuses du soir s’appellent The Ramona Flowers. Issu de Bristol et inconnu au bataillon jusqu’alors, ils ont le privilège d’ouvrir pour BBC le temps de leur tournée européenne et ont déjà croisé dans le même contexte l’un des groupes hypes de l’année dernière, les Parquet Courts. Les fans de comics l’auront capté : Ramona Flowers c’est aussi le nom de la nana de Scott Pilgrim. Hélas sans casser le suspense, je pense sincèrement qu’il y a peu de chances qu’à l’avenir on se souvienne de plus que ça. Le groupe tient sa scène, ce n’est pas le problème. Il ne faut pas 2 secondes et demies avant de retrouver l’influence que le groupe n’essaie pas de cacher : U2. Guitares à effets qui partent dans les étoiles, chant sur des rails qui s’énerve juste sur le refrain histoire de, le tout calibré en 3 minutes. Quelques effets électro et de la saturation s’ajoutent à la fête mais ça manque clairement d’aspérités, de différences et de parti-pris pour marquer qui que ce soit. Mis à part un morceau plus apprécié, la bande repart comme elle est venue.

L’installation de la scéno de BBC se fait rapidement et les rangs se resserrent. Les couples sont nombreux, le public est homogène entre jeunes post-lycées et trentenaires de tous bords, prêt à s’ambiancer à la cool avec un fond d’attente musical qui a la décence “Jungle Boogie” des Kook & The Gang! Une ambiance décalée qui tranche avec l’arrivée du groupe qui ouvre son set par le premier morceau de son nouvel album, “Overdone”. Si l’atmosphère de “So Long, See You Tomorrow” est guillerette et pleine de bons sentiments, cette entrée en matière étonne par sa puissance et sa rapidité à conquérir la fosse. Amorphe il y a quelques secondes, la foule se retrouve captée une fois le refrain arrivé. Le nouveau venu de la discographie aura la part belle dans la tracklist du soir avec 10 morceaux sur 18. Heureusement, les voix gagnent en coffre et le live lui donnent un aspect plus brut de décoffrage, notamment grâce à la batterie bien plus présente ici que dans le mix final. Les morceaux s’enchaînent sans pause et je m’étonne de la maîtrise vocale et du charisme que peut dégager le pourtant frêle Jack Steadman .

La prestation est à la fois communicative et costaude et le frontman n’est pas radin en “merci bien” devant la manière dont la foule récompense les efforts de sa troupe. Malgré la douceur de leurs morceaux pop, certains passages ne manquent pas de fédérer et d’envoyer comme “Lamplight“ par exemple, assez vénére dans son genre. L’introduction à la batterie d'”Evening/Morning” secouait pas mal. Tout comme des morceaux cools et tubesques comme “How could you swallow so much sleep” ou “Your Eyes” ne se refusent pas non plus…

Dans le dernier tiers de son set, on sent que le chanteur prend les rênes et impose le tempo et souhaite le ralentir avec les titres à interpréter seul au piano come “Eyes Off You“. Un membre du public ne l’entend pas de cette oreille, ce qui lui vaudra un bon vieux “ouais ta gueule” des familles bien de chez nous. Comme quoi, on peut être de Londres et maîtriser les rudiments de la langue française pour se faire comprendre.

Bombay Bicycle Club donne l’impression de dérouler. Tout comme leurs chansons ont l’air simples à composer, le groupe est rodé et rien ne semble les chambouler. Un sentiment de facilité qui hélas durera jusqu’à la fin puisque après 1h15 de show, ils ne forceront pas leurs talents et rebrousseront chemin derrière les rideaux du Trabendo. Un deuxième rappel n’aurait pas été de refus. Sauf qu’une seconde après leur départ, du Shakira retentit. “Whenever, Wherever” finit de créer les couples qui n’avait pas eu le temps de conclure et Lionel Richie et son “All Night Long” de circonstance qui suivît leur donnera sûrement d’autres idées pour finir la nuit…

Derrière la relative déception, on se souviendra que le maître de cérémonie nous a évoqué un retour fort probable cet été. Coïncidence : un festival commençant par “Rock” et se terminant par en “Seine” se déroule à la même période. En tout cas si le doute était permis avant le concert, le live nous a convaincu : quelle que soit l’opinion que vous avez sur leur dernier album, BBC mérite toujours le putain de coup d’oeil.