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On avait croisé les Bordelais à Rock en Seine en 2013 entre deux sets en se promettant de leur accorder plus de temps. Chose faite aujourd’hui avec cette première partie bienvenue et pertinente au vu de leur amour pour le rock secoué et les amplis branchés jusqu’à 11.

Hormis ces morceaux de surf pop rock ultra vénère, JC Satan excelle dans les solis de gratte très esthétiques. Pas client de la branlette de manche pour un sou, ces passages offraient un vrai plus à la fois plaisants et complexes. Tout le set se déroule comme une montée en puissance appréciable et une conquête du public progressive mais massive. En happening final, la présence du Président de Groland. Le grand degingandé s’en va saluer chaleureusement chaque membre avant de repartir comme il est venu. Cohérence : JC Satan finit également comme il a commencé en laissant la scène dans un beau bordel.

En deuxième intro arrive un inattendu numéro de stand up du manager relou vite expédié, au vu de la compréhension limitée du bonhomme et des sifflets approchants. Annonçant The Manipulators, on voit vite le reste de la troupe débarquer et le fanfaron s’installait au clavier le temps de Manipulator avant de disparaître pour de bon.

Ça rale dans la fosse et sur scène pour ajuster les réglages : plus de voix, plus de gratte, plus de tout. Pourtant les premiers titres font déjà leur effet dans cette Cigale pleine à craquer.

Très très vite les slams s’enchaînent, les pintes vides comme pleines volent et le tout avec quasiment aucune pause entre les morceaux.

Clairement, on aura rarement senti un tel bond dans le temps. A croire que son concert de 2014 était la meilleure machine à voyager dans le temps pour atterrir dans les seventies. Longtemps à refuser son succès d’estime pendant le show, Ty Segall vient à accepter d’être porter pendant le set. A bout de bras porté par la foule sur un solo qui dévie en slam, il devient guitar hero le temps de quelques minutes.

Bien conscient de l’atmosphère complètement dingue qui règne ce soir, il file un défi au public. Faire faire un aller retour à un crowd surfer jusqu’à la cabine d’ingé son. La sentence en cas d’échec ? L’arrêt du morceau joué. Après une foirade au bout de quelques secondes, le pari sera facilement rempli et à regarder très vite dans notre Instagram. Volontairement, je n’ai pas cité de morceau en particulier tellement la performance globale est excellente et mérite d’être saluée. Reste tout de même un coup de coeur qui surpasse l’ensemble, ces foutues guitares sur “Feel” qui doivent être pas très loin dans ce qui s’est passé de mieux en 2014.

Un rappel de 3 morceaux, où d’autres morceaux que ceux issus de Manipulator feront leur apparition. Ce n’est pas ce qui calmera les ardeurs de la fosse, toujours prête à aller les rejoindre dut scène pour des signes d’amour divers et variés envers le groupe : check, high-five, révérence et même baiser goulument volé au guitariste.

Dans un concert épique où le sol rebondissant de de la Cigale à été rudement mis titre. à l’épreuve, Ty Segall a prouvé qu’il était à l’image de son oeuvre : insatiable, saturé, d’un talent rare et généreux. On n’a pas fini d’en entendre parler. Le tout est d’essayer de deviner jusqu’où il ira…