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Y a des fois comme ça, on se dit que le vieil dage “on est mieux dans son lit”, c’est vraiment pas bidon. Résumés des faits : The Used, leadé par le charismatique Bert Mc Cracken sort un premier album en 2002. L’hystérie totale : un groupe allie le punk à la pop avec une touche d’emo / screamo (en caricaturant vachement…), lance des mélodies qualibrées à la millisecondes près, défraie la chronique avec tout plein de potins qui tuent la mort et mettant en scène la famille Osbourne, rien que ça. Alors forcemment, un groupe comme ça, ça ne peut pas s’arrêter en si bon chemin : il doit forcmment y avoir quelque chose de puissant après, comme un album extrêmement marquant suivi d’une fin subite et inattendue. Manque de bol, The Used sort un nouvel album, “In Love In Death” qui déçoit : un son largement plus pop, des mélodies certes efficaces mais un peu trop mielleuses. En gros : c’est tout mou. Pire : on ne parle plus de The Used dans la presse, comme si le groupe avait décidé de faire de la musique et rien que de la musique. Ce qui tombe bien puisque ce soir, The Used va en jouer de la musique, à l’Elysée Montmartre de Paris même.

Il paraît que j’ai raté la première partie, il parait aussi que c’était vraiment lamentable (c’est Philloux himself qui me le dit, hilare). Autour, une tripotée de gens surexcités à l’idée de revoir Bert et cie. Surexcités de pouvoir jumper sur le nouvel album de The Used… mais finalement assez saoulés d’attendre pendant ces balances qui commencent quelque peu à s’éterniser. Faut croire que ce soir, le son sera très bon. Et là… là… voilà, le groupe entre en scàne, les lumiàres s’éteignent et les hurlements commencent, que le show commence. “Take It Away“, le single coup de poing du dernier opus est entamé, toute la fosse saute en reprenant le refrain. Tout le monde est en délire, le son n’est pas trop crade, bref, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Quelques titres s’enchaînent avec toujours la même energie, séparés par quelques interludes où c’est l’heure du Bert‘s Show : entendre par là Bert qui sublime tout le premier rang (où la classe féminine a largement le dessus), Bert qui balance des bouteilles au hasard, Bert qui réussit à cracher un molard par dessus sa tête et qui s’en va s’écraser à terre, Bert qui ne fait rien mais tout le monde applaudit quand même, Bert qui ressemble un Andrew WK (cheveux longs / crades et tshirt rouge oblige), voire à Robbie Williams pour l’attitude “j’me délaisse, chuis crade, chuis un ouf guedin que tout le monde kiffe” comme me le sussure Philloux à l’oreille. Et ça repart, avec en grande majorité des titres de “The Used“, leur précédent album eponyme. On se demande alors où sont passsé les nouveaux titres et “I’m A Fake” débarque. En gros, c’est “Take It Away“, mais en presque pas pareil puisque cette fois, la foule jump encore plus vite. En vrac et de manière non exhaustive, on a droit “All That I’ve Got“, “A Box Full Of Sharp Objects“, “Maybe Memories“, la très accrocheuse “The Taste Of Ink“, “Say Days Ago“. Bref, oui, The Used réussit chaque fois à installer une bonne ambiance, une humeur de ouf même. Mais là, le concert tombe dans ce qu’on appelle chez nous, dans le milieu des webzines professionels, le phénomène du gros thon caché. C’est un peu comme un type qui fantasme à fond sur une fille, qu’il trouve décidemment charmante et qu’il réussit à l’amener dans son lit. Là paf, au moment d’hallumer la lumèire, c’est la débandade : peau flasque et graisse dégoulinante, seins inexistants ou alors il aurait préféré qu’ils n’existent pas, voix insupportable. Bref, le truc qui assome et surtout, qui rend tout mou. The Used en concert, c’est à peu près la même chose : ce soir, ce fut une quasie copie conforme de leurs précédentes séances live avec quelques nouveaux titres récents. Et c’est la grosse surprise : fin. Au bout d’une cinquantaine de minutes, après un rappel, le concert se termine avec un léger arrière goût de vaseline dans l’arrière train…

Voilà, The Used réussi à donner le second concert le plus bref de ma vie tandis que la première position était déjà occupée par… The Used il y a deux ans, à la Boule Noire. Et même si la prestance scénique est bonne, on se dit toujours que oui, on aurait peu être dû rester au lit et regarder un épisode de Derrick : au moins, lui, tient la longueur.