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La semaine dernière, le Hellfest se voulait rassurant. Le ton a radicalement changé depuis une interview de Ben Barbaud pour Ouest France vendredi suivie d’une seconde encore un peu plus explicite le lendemain sur leur site Nantes Ma Ville.

Principe de réalité

Plus on avance, plus tout le monde se résout à imaginer un été sans festivals. Ben Barbaud n’est pas d’un autre avis.

“Qui peut imaginer qu’on autorise en juin et juillet des festivals réunissant 60 000 personnes, dont 20 % d’étrangers dans notre cas, tous collés les uns aux autres, alors qu’on sait qu’il y aura sans doute quelques cas de Covid-19 à droite à gauche ? Les festivaliers ne comprennent pas pourquoi on n’annonce pas l’annulation. Mais on ne peut rien faire.”

L’interdiction attendue

Actuellement, le festival est déjà à plus de 2 millions d’euros de pertes sèches. Des frais qui comprennent les salaires des employés qui travaillent toute l’année, mais aussi les nouveaux aménagements du site qui ont été financés grâce à un emprunt bancaire.

“Je ne demande pas d’argent, ni de chèque pour couvrir nos dépenses, je demande un cadre légal et un décret qui dise officiellement que les festivals seront annulés cet été. Avec une date butoir, pour pouvoir annuler nos contrats avec les artistes. Car inévitablement, et je ne parle pas pour nous, certains vont y laisser des plumes.”

Parce que tant que la décision n’est pas prise, il faut continuer comme si de rien n’était. C’est à dire commencer à payer des acomptes aux prestataires pour un festival qui n’aura pas lieu.

Procédure contre l’assurance

Et l’assurance ? Bien, tout le monde n’a pas d’assurance aussi spécifique qui pourrait prévoir une pandémie mondiale voyons. Et pourtant, le Hellfest si, mais ce n’est pas si simple…

“Nous avons eu la chance début décembre 2019 – tous les festivals n’ont pas la trésorerie – de signer de manière anticipée un contrat d’assurance à hauteur de 200 000 €. Il comprenait une clause d’annulation prévoyant la prise en charge des frais du Hellfest en cas de pandémie. Quand on les a rappelés au début de l’épidémie, ils nous ont juste envoyé un courrier pour nous dire qu’ils avaient trouvé une faille. Que cette épidémie ne serait pas couverte car il s’agissait d’une pneumonie atypique et qu’un paragraphe dans leur clause stipulait que ces dernières n’étaient pas couvertes… C’est une honte, c’est du vol ! Bref, ce sont des lectures de contrat.”

2021

La “bonne” nouvelle dans tout ça, c’est que si annulation il y a, les pass 2020 des festivaliers qui ne demanderont pas le remboursement resteront valables pour 2021. Ce que les organisateurs préféreraient, vous l’imaginez. Le remboursement de tous les pass par dessus les pertes actuelles les mettrait dans une situation encore plus compliquée.

 

Source : Ouest France, Nantes Ma Ville