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Dispo sur la plate-forme Amazon Prime Video, les Foals balançaient en novembre 2019 leur documentaire « Rip Up the Road », enregistré durant la sortie de « Everything Not Saved Will Be Lost ». Un enregistrement étalé sur 12 mois et qui nous permet de suivre le groupe lors d’une première tournée mondiale 2019, entrecoupé de morceaux captés live dans la salle Alexandra Palace de Londres. Alors ça vaut quoi en définitif ce rockumentaire ?.

O-D-I-L. Lido ?

Même si je n’ai pas balancé mon top 2019, les Foals auront rempli leur pari en livrant deux albums coup sur coup de haut niveau. C’était donc peu dire que j’étais emballé de voir cela, alors que j’ai toujours eu du mal à me définir comme un fan du groupe. Mais les faits sont là, je kiffe chaque album sorti du groupe. Et je suis assez amateur de ce type de documentaire. Surtout depuis le génialissime « Dig ! », que je ne cesserai de recommander à chaque amateur de musique. Ceci étant dit, mon premier ressenti n’est pas forcément des plus positifs. Malheureusement, le piège est un peu dans le pitch ! « Suivre le grouPe duRant la sOrtie d’un albuM et en tOurnée. » J’ai jamais été un balèze des enquêtes mais j’ai quand même un niveau Pif Gadget. Ce qui fait que vous aurez peut-être compris le message subliminal des lettres que j’ai placé en majuscules, à savoir : P + R + O + M + O.

Un promocumentaire seulement ?

Le documentaire a DONC un côté très promo, MERCI CAPTAIN OBVIOUS ! Bon, okay, même si je me doutais que l’on n’atteindrait pas des niveaux de réalité crue façon « Some Kind Of Monster » de Metallica, ou même l’intimité de « Lemmy » sorti en 2010 ! La faute à des propos souvent passe-partout, sur la difficulté à se renouveler, à tourner, sur l’état du rock de façon globale etc… Pourtant, difficile de ne pas penser que Yannis n’en a pas plus à dire. Ou encore concernant le départ de leur bassiste de toujours, Walter Gervers, épuisé semble-t-il par la vie de musicien. On pourra peut-être citer le pauvre Edwin Congreave, rongé par la culpabilité de l’empreinte carbone des Foals ou encore des fans, hashtag équation impossible.

Alors oui, tout ce qui n’a pas été sauvé d’intime sera perdu. Et forcément, on reste sur sa faim quand Yannis explique avoir connu un manque d’envie pendant 4 ans. On reste sur sa faim puisque les propos du groupe captés face caméra sont lisses. Trop lisses. « Il s’est passé quelque chose à Glastonbury, on l’a senti. Sûrement notre meilleur concert ». Cool. On parle d’un concert dont on ne voit quasiment rien ! Pourtant, le guitariste Jimmy Smith y aura laissé pas mal de sang. Dommage donc. À peine décelons-nous que l’alcool et la caféine coulent parfois à flot pour tenir le rythme des concerts. Seul bon point d’ailleurs à Jeremy Pritchard, bassiste remplaçant, et pourtant peu visible. Celui-ci pointant à juste titre l’alcoolisation méritante (oui méritante, vous verrez) et permanente dans la vie des groupes de musique.

HEUREUSEMENT, NON !

Derrière ce ressenti de déception se cache néanmoins un documentaire à voir pour les amateurs du groupe. Car le documentaire s’adresse d’abord à eux. La référence à Pigeon, le chat de Yannis pourrait passer complètement inaperçue par exemple. Mais au-delà des fans, c’est aussi exactement tout ce que l’on ne peut faire actuellement, en confinement ! Ainsi, et même si l’on croit les membres du groupe sur l’aspect éreintant d’une tournée mondiale, on se plait à passer du festival de Glastonbury à l’Australie, ou encore du Japon à Bangkok. Par les temps qui courent, ça dépayse de voir les Foals déambuler dans les allées du festival anglais. Ça dépayse de les voir effectuer une reprise de Bon Jovi lors d’un karaoké bercé d’effluves de saké.

VisualMusic-chronique-rip-up-the-road-foals

Oui, ça fait du bien. Comme le fait de les voir sur scène. Car le documentaire est entrecoupé de morceaux complets, captés lors de leur double date à Londres au Alexandra Palace (et dont l’EP ne contient qu’une partie pour info). On peut ainsi profiter de l’énergie du groupe (« Black Bull » aussi doux qu’un taureau dans un magasin de porcelaine). Et c’est d’ailleurs là l’un des autres points positifs de ce « Rip Up The Road », on ressent une vraie montée d’énergie liée à la prestation scénique. Quand le groupe ne sent pas l’une de ses dates japonaises, on ne la sent pas non plus. Car si le guitariste Jimmy Smith est clairement le moteur comique de l’équipe, Yannis en est le catalyseur d’énergie !

Ainsi, précédant ses montées sur scène, il tourne comme un lion en cage. Et quand il quitte la scène, on peut à nouveau le ressentir. La caméra qui l’accompagne à la fin d’un « What Went Down » dantesque sur la scène du Alexandra Palace, nous permet ainsi de capter cette difficulté à redescendre en tension. Ce besoin d’en découdre physiquement avec lui-même. Afin de pouvoir, enfin, évacuer l’énergie accumulée sur scène et peut-être, trouver le sommeil. La fête est finie mais bordel, on a hâte qu’elle reprenne après cette saleté de confinement. On a hâte de retourner en concert. Et le documentaire capte bien tout ça. Cette énergie positive. Ce bon temps passé entre amateurs de musique. Que ce soit dans l’attente du concert, durant le concert et à l’issue.

Pour conclure.
Si vous êtes abonné.e Prime, n’hésitez donc pas ! Car derrière son aspect de gentil documentaire promo, les amateurs du groupe prendront un vrai plaisir à suivre au plus près les Foals. Bien que le documentaire ne soit pas sans défaut, voire creux par moment, on prend plaisir à partager un peu du quotidien du groupe et surtout de ses lives. Mon conseil, n’hésitez pas à monter le son, bordel. Pour les autres, peut-être que les lives vous permettront de creuser un peu le groupe.