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Ça faisait un moment que j’étais pas retourné à Solidays, ben ça a bien changé !

C’est sur cette excellente vanne qu’on attaque le report du premier jour de la première édition française du Download Festival. On vous dira tout, enfin tout ce qu’il est possible de dire après seulement un jour de festival.

Les questions techniques

Avant de commencer le report à proprement parler, on va parler de ce qui vous intéresse : le festival en lui même.

Les navettes

On aurait pu s’attendre à des heures d’attente pour arriver et partir du festival, eh bien il n’en est rien. Une armée de navettes a été mobilisée, ce qui fait que l’une remplace l’autre, qu’on n’attend pas, et que ça débite bien. On est donc loin des scènes à la George Romero du feu Sonisphere France. Pour ce genre de détail, le fait de reprendre le cadre de Solidays est clairement un gros plus.

L’entrée

On ne va pas tourner autour du pot : c’était le bordel pour rentrer. Les gilets jaunes à l’entrée étaient bien incapables de nous renseigner et on a pu voir un certain nombre de mecs qui après s’être tapés toute la queue pour entrer sur le site apprenaient à l’arrivée qu’ils devaient repartir en arrière pour aller faire la queue au retrait de pass, puis revenir. Des progrès à faire de ce côté là donc, mais rien d’insurmontable.

Le son

Vous serez heureux d’apprendre que dans l’ensemble il est plutôt bon ! Bon, “bon” pour ce type de festival bien sûr mais c’est déjà ça. Comme élément de comparaison on prendra Deftones qui avait eu droit à un concert absolument inaudible à Rock en Seine il y a quelques années et qui ici s’en est plutôt bien tiré. Le seul bémol viendra de Ghost en fin de journée, mais on y reviendra.

Le temps

On a été agréablement surpris de constater que même si le festival commençait en après-midi pour se terminer à 23 h 30 (format festival parisien oblige), chaque groupe avait droit à suffisamment de temps pour s’exprimer : 45 minutes pour les petits, une heure pour les moyens, et deux heures pour la tête d’affiche du jour.

Le report :

La journée a commencé sous un grand soleil avec le groupe nécessaire au quota de coreux du festival : Beartooth ! Menés par l’ancien chanteur d’Attack Attack! Caleb Shomo, les américains nous livrent un hardcore rudement efficace qui se distingue particulièrement grâce aux parties en chant clair de l’ami Caleb.

Le public reste peut-être peu nombreux, mais pas moins motivé. Une bande de furieux décide de faire un petit pit de mise en jambe, histoire de donner le ton et de confirmer qu’on ne s’est pas trompés de festival.

 

Ouais. Le week-end commence bien. #Beartooth #DWLFR16

Une photo publiée par @visualmusic le


Pas le temps de souffler, à peine Dent d’Ours termine son concert que la mainstage en face commence à grogner. Petite marche athlétique pour aller admirer notre fierté nationale : Gojira !
Les français ont l’air ravis d’être de retour sur Paris : “ça faisait un baille !“. Et nous annoncent que, vu qu’ils se sont formés en juin 1996, ce concert serait donc le concert anniversaire des 20 ans du groupe !

#Gojira, la fierté nationale. #DWLFR16

Une photo publiée par @visualmusic le


Le public est venu en nombre pour soutenir l’enfant du pays et réagit particulièrement bien aux chansons de”Magma“. A ce propos, on repère quelques rangs devant une meuf avec l’artwork du nouvel album tatoué sur le bras, et la seule réaction possible à la vue de ce genre de truc est… mais vous êtes oufs ! Imagine le nouvel album il est nul, tu te retrouves doublement dégoutée ! C’est comme tous les fans de Rob Zombie qui se sont tatoués le logo de Lords of Salem avant d’avoir vu le film. Enfin bon on sait pas hein, peut-être qu’elle les connait ou qu’elle est critique et qu’elle l’a déjà entendu hein. Bref.

 

Les fans de Deftones le savent, Chino a ses jours avec et ses jours sans. Ce vendredi au Download France, c’était un jour avec. S’il serait faux de dire qu’il était absolument juste, les fans ont du moins été rassurés après la prestation de la semaine dernière au Rock Am Ring.
La setlist a fait la part belle aux chansons de lover : “Be Quiet and Drive (Far Away)“, “Digital Bath“, “Knife Party“, “Change (In the House of Flies)“… (C’est bon je crois qu’on les a toutes ?) Tout en conservant quelques titres à saut neo  et en concluant sur le furieux “Engine No. 9“.

Place enfin aux éternels quatrièmes du Big 4 : Anthrax ! Ils ont livré un set propre qui a ravi les plus legacy (vous comprendrez plus tard) d’entre nous. Comme d’habitude en France et particulièrement en festival, leur version d'”Antisocial” remporte un grand succès : “Eh celle-la j’la connais ! Eh mais eh, y z’ont changé les paroles !”. On est restés le temps de cry for the Indinans, puis on est allés se placer pour…

Iron Maiden, qui s’est un peu fait attendre, ce qui a premis à tout le monde d’arriver progressivement devant la mainstage. Si bien que quand “Doctor Doctor” d’UFO retentit c’est tout le festival qui attend les anglais avec impatience.

Iron Maiden, Download Festival Paris, 10 juin 2016

Iron Maiden, Download Festival Paris, 10 juin 2016

Comme il s’agit d’une date de la tournée “The Book Of Souls“, on aura droit à l’into vidéo de la tournée qui voit Ed Force One se crasher dans la jungle, puis se faire lancer dans les airs par la main de la Bête sortie d’un cratère fumant. Le décor à la gloire de la civilisation Maya sera assez conséquent : piliers de temple, lianes qui pendent de la scène, un backdrop représentant une momie maya sur “Powerslave” et… des peluches (oui.) d’animaux sauvages. L’obligatoire grand Eddie était cette fois gonflable, et vu le design qu’il a sur cette album il nous a un peu donné l’impression de nous retrouver dans un épisode de Shingeki No Kyojin. Même chose pour la Beast de “Number of The Beast“, qui se décline à présent en version gonflable et double de volume.
Bruce Dickinson était comme à son habitude bien bavard avec les français, commençant le concert en nous expliquant qu’il n’était pas vieux : il est legacy. Et qu’il voyait pas mal de fans legacy dans le public, mais aussi de fans qui ne devaient pas être nés quand est sorti “Children of The Damned“. Pas de référence au match de l’équipe de France comme en 2014, mais un simple “football ? Qu’est-ce que c’est ?“. Un “scream for me Sonisphere !” qui aura bien fait marrer les plus attentifs, et pour finir un bel hommage à un fan tombé au Bataclan avant “Blood Brothers“.
Côté setlist, Iron Maiden démontre une nouvelle fois que leurs tournées promotionnelles ne sont pas de simples prétextes en se permettant de jouer pas moins de six titres de leur nouvel album, dont le fameux “The Book of Souls”, de dix minutes.
Les anglais restent encore et toujours au top, même si on remarque Bruce un peu à bout de souffle par moments, mais considérant ce qu’il a vécu ces derniers temps on lui pardonne largement.
Iron Maiden est un groupe fédérateur qui fait sauter et crier les vieux comme les jeunes (même si les legacy sautent certes un peu moins haut que les jeunes). Pendant deux heures on a eu droit à une immense communion de metalleux à t-shirts dégueulasses et n’en déplaise à certains… ben c’était beau.

Ce sentiment de communion restera puisqu’on part terminer ce premier jour en beauté avec la grande messe noire à ciel ouvert de Ghost !

Mauvaise nouvelle d’entrée, la voix de Papa Emeritus III est “a little bit fucked up”. Le set sera donc un peu raccourci, mais considérant le décalage d’Iron Maiden, ceci permettra juste au festival de terminer à l’heure.
Deuxième mauvaise nouvelle, il y a visiblement eu un problème au moment des balances et le son laisse franchement à désirer, ce qui fait qu’on ne remarque réellement la voix d’ado en train de muer du Papa que pendant ses blagues entre les morceaux.
Mais vous savez quoi ? Ce soir l’amour de Satan était tellement fort que tout cela n’avait que peu d’importance. Les hymnes sont repris en cœur pas des fidèles conquis et n’en déplaise à certains… ben c’était beau.

Ghost, Download Festival Paris, 10 juin 2016

Ghost, Download Festival Paris, 10 juin 2016

Alors disons le clairement : il y a pas mal de gens qui auraient aimé voir le Download français se casser la gueule, juste pour voir la grosse machine tomber. Ces gens font erreur. Le Download France est juste une nouvelle offre, qui conviendra à un public spécifique. C’est un festival situé en région parisienne, dont les concerts commencent l’après-midi et se terminent à 23h30. Il est plus destiné au grand public qu’au connaisseur et il est donc plus pertinent de le comparer à Solidays et Rock en Seine qu’au Hellfest.
De ce point de vue là, le Download vient combler un manque important. Paris a enfin son festival metal de juin, et ça fait bien plaisir !