Pete Doherty s’appelle Peter Doherty désormais. C’est écrit sur son album solo. Ne sachant pas très bien s’il s’agit là d’une facétie de plus ou d’une volonté d’apparaître plus adulte, Visualmusic a décidé de simplifier la vie de ses lecteurs en rebaptisant Pete, ou Peter, Doherty par ses initiales.
PD donc.

Notre PD souffre du syndrome de célébrité à l’envers à savoir que comme sa copine Amy Winehouse, beaucoup ont connu PD d’abord pour ses frasques et girlfriend et ensuite ont connu la musique. Pas de bol pour lui et pour nous, PD était dans l’oeil du cyclone lorsque sa forme créative était au plus bas. Le premier Babyshambles donc. Beaucoup ont donc injustement décidé que PD était un gros naze, ce qu’il est loin d’être. En effet, il est responsable, ou co-responsable, de trois des meilleures chansons de la décennie, rien que ça, ainsi que d’un fantastique single (pour les curieux et dans l’ordre :‘Time for heroes’, ‘Can’t stand me now‘, ‘What Katie did‘, ‘Delivery‘). Rien que pour ça, chacune de ses sorties mérite une attention marquée.
L’album solo s’appelle ‘Grace/Wastelands‘ et c’est sans surprise un album majoritairement acoustique. D’où hic car contrairement à ce que ses fans transis essaient de nous faire gober, PD n’est pas spécialement mis en avantage sur ses compos dépouillées. Sans surprise, c’est là que le bat blesse. Un peu trop souvent sur cet album, les titres s’enchaînent sans grand relief (à ce titre et vu le titre ‘Salome‘ est une chanson particulièrement peu sexy), PD n’est pas toujours le plus inspiré au niveau mélodique et ses tics vocaux viennent à agacer même ses fans de la première heure, la preuve. Le single ‘Last of the English roses‘ sonne comme un croisement Smiths et Blur en bonne et due forme (ben oui, Stephen Street produit, Graham Coxon file un coup de gratte) mais reste anecdotique.
Alors pourquoi aime-t-on plutôt bien ? Parce que PD nous sort des arrangements qui ne sont pas des arrangements de pédé. L’enchaînement ‘1939 returning‘ et ‘A little death around the eye‘ montre que PD sait élargir son cercle et qu’il pourrait bien, tôt ou tard, nous pondre quelque chose de très grand, ‘Arcady‘ est du PD grande classe.
Broken love song‘ a été coécrite par Wolfman, la paire PD/Wolfman ayant déjà sévie sur le très joli single ‘For lovers‘, et s’impose comme une suite presque valable. Cependant, le gros morceau de PD s’appelle ‘Sweet by and by‘, qui sonne comme du Randy Newman joué par le Beck de Mutations. Sur ce titre visiblement destiné à Carl Barat, PD signe une chanson à la ‘Kooks‘ de David Bowie, ce qui n’est pas un mince compliment.

Au final, PD nous a fait un disque un peu plat, on est loin de la renaissance créative évoquée ici ou là, mais qui par moments brille par sa créativité. Le principal reproche formulé à l’encontre de ‘Grace/Wastelands‘ serait son manque de fraîcheur de relief et surtout de chansons vraiment marquantes. Sympa mais anecdotique.