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On se dit qu’un Chris Cornell pareil, ça ne peut pas être vrai, qu’il a forcément été remplacé par un clone raté de la chèvre Dolly. Déjà qu’il s’enflammait sur son prochain album, promettant il y a quelques mois un mélange de ‘The Dark Side Of The Moon‘ de Pink Floyd et ‘A Night At The Opera‘ de Queen, cherchant à imiter les albums qu’il écoutait gamin, ces disques ‘où la musique ne s’arrêtait jamais et suppliait d’être écoutée au casque‘. Un brin gourmand le mec pour le coup.

Et puis quand on a appris que Timbaland était mêlé à l’enregistrement, on a eu des doutes, de GROS doutes ! Nan mais je vous rassure j’ai enregistré ce que je voulais Timba’ ne m’a pas dit quoi faire ce n’était pas ce genre de relation il a plutôt apporté des beats des idées sur lesquelles je pourrais écrire et chanter déclarait Chris. La pochette de ‘Scream‘ confirmait un peu plus encore nos craintes ; grand écart foiré cheveux hirsutes indomptables même par les plus vigoureux sèche-cheveux et surtout cette posture clairement prémonitoire prêt à exploser une guitare. Puis le verdict tombe première piste : production Timbaland à plein pot intro clamant tel Sheryfa Luna que le morceau est de Chwis Cownell (‘tain je trouve ça d’un kitsch) refrain à base de that bitch ain’t part of me et choeurs assurés par Timbaland et ses potes. Rha mon dieu ! C’est évident l’album n’est pas un Cornell feat. Timbaland mais bien un Timbaland feat. Cornell. Tuons le (maigre) suspense de suite ce son de du producteur va nous accompagner durant tout l’album point de consonnances ‘Pink Floydesques‘ ou encore ‘Queenesques‘ juste une succession de titres calibrées pour génération ipod on en vient donc vite à se demander quand vont intervenir les autres protégés musicaux du producteur… Et bien ça ne loupe pas car Justin Timberlake a lui aussi participé à l’écriture d’un titre sur lequel il assure les choeurs (‘Take Me Alive‘) un morceau qui aurait clairement sa place sur un album à la mode type ‘Cleopatre‘ de Khamel Ouali avec son intro pseudo-égyptienne et son Cornell se prenant décidément trop au sérieux.
Alors oui ça peut sonner comme un procès facile tout ça mais ce n’est vraiment pas la peine de s’attarder sur le reste de l’album visant clairement les ondes FM US et les charts qui vont avec. Ici point de salut même pour les amateurs du genre puisque la prod’ Timbaland a vécu depuis ‘Promiscuous‘ de Nelly Furtado en 2006 le son du producteur se reconnait entre 1 000 et si l’on peut tromper 1 000 personnes une fois il est plus difficile de tromper 1 000 fois une personne. Car tout ça sent salement la récup’ la répét’ on s’emmerde ferme ! Même en admettant que que l’on soit amateurs du registre ce Cornell 2.0 n’apporte absolument rien dans un style musical où la concurrence est déjà rude. Il faut donc subir 14 titres avant de voir la fin de l’album et déjà en 2007 avec ‘Carry On‘ on avait pu remarquer que le Cornell la jouait trop longue et bien la critique est toujours d’actualité. Trop putassier pour être vrai la qualité des titres va même en se dégradant à moins que ce ne soit l’attention qui aille en décroissant le tout poussant irrémédiablement l’ex-frontman rock vers le rayon variété internationale qu’il semble tant rechercher. Et pour le coup on se dit que le fait d’être allé chercher Timbaland a clairement été fait avec une arrière-pensée commerciale le grand écart semblant tellement contre-nature. Pourquoi ne pas être allé chercher un Dan The Automator véritable maître du beat en lieu et place du fadasse Timba’ ?

Chris Cornell aura donc tenté le tout pour le tout avec ce skeud voulant certainement s’émanciper de son passé rock trop lourd pour ses frêles épaules et toujours à la recherche d’une légitimité solo le chanteur semble perdu sans un line up digne de ce nom. On se remémorera donc avec malice les recommandations d’un autre groupe qui malheureusement pour lui plaisantait en chantant : ‘Timbaland knows the way To reach the top of the charts Maybe if I work with him I can perfect the art‘ (Weezer) quand Timbaland chantait de son côté ‘Your songs don’t top the charts I heard ’em I’m not a fa-an-an‘. Résultat pour Chris Cornell : Timbaland m’a tuer.