Dans les fils et filles de, certains n’ont rien même pas un semblant de matière cérébrale de papa ou la beauté de maman, au pire ils ont la beauté de papa et le cerveau de maman (sexistes, nous ?). D’autres sont mieux pourvus et c’est le cas de Sean Lennon. Deux albums sous le coude dont le dernier ‘Friendly fire‘ en 2006 sont là pour le prouver. Il a même un grand coeur, il l’a démontré en laissant la grande andouille bobo-triso Matthieu Chédid faire n’importe quoi avec une de ses plus belles chansons. Il est comme ça Sean, open. Son actu aujourd’hui est de poser au bras de filles toujours plus belles. Un nouveau disque, ce sera quand il le sentira et pas avant. Entre deux, il nous a pondu l’air de rien une BO de film. Une comédie horrifique Rosencrantz & Guilderstern are undead, hommage à Stoppard feront remarquer les plus érudits d’entre nous. Le film, on ne l’a pas vu mais la BO on l’a reçu. De facture classique : un thème principal et des variations autour, pas de chansons si ce n’est un petit morceau hip hop en fin d’album. La référence immédiate venant à l’esprit est Danny Elfman (les films de Tim Burton, quelques génériques de séries dont les Simpsons, les Contes de la crypte, Men in Black, The Frighteners, A simple plan, Spider-man), le nec plus ultra dans sa catégorie, le mec tellement bon que les Oscars n’ont jamais daigné le récompenser. Surtout un type tellement doué qu’on écoute régulièrement son travail, y compris des films qu’on n’a pas vu. Et Sean Lennon frise l’exploit total de faire jeu égal avec Elfman. Attention, on ne parle pas d’une imitation, Sean Lennon utilise les mêmes ficelles (usage intensif du céleste, petits coups de cordes primesautiers à mi-chemin entre magie blanche et noire, clavecin) il leur applique un traitement moins grandiloquent et surtout n’a probablement pas les mêmes moyens financiers. Toutefois l’atmosphère prend forme et on se prend à imaginer un film baignant dans une douce mélancolie. S’il n’y a pas de très grands moments, cette BO s’écoute très agréablement, donc fonctionne sans le film, signe irréfutable de réussite musicale.
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