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De temps en temps, mais plutôt moins que plus, il se produit dans la vie un petit miracle. Non, on ne parle pas de transformer l’eau en vin ou coucher avec Scarlett Johansson, non, on parle d’une journée de merde sauvée par un rire sonore, un rayon de soleil fugace qui réchauffe autant la pièce dans laquelle vous êtes que votre coeur, le sourire d’une jolie passante, une bonne nouvelle, une jolie phrase lue dans un bouquin… Ses petits instants sont généralement aussi rares qu’éphémères, innocents et fragiles. Essayer de les créer est vain. Les capturer est difficile car à l’instar du bonheur, on ne se rend pas forcément compte qu’ils sont là. Beach House, sur son nouvel album ‘Teen Dream‘ (effectivement, on imagine qu’un rêve adolescent puisse être une maison de bitch) parvient encore une fois après ‘Devotion‘ à saisir l’essence même du vertige du moment magique et vaporeux aidé en cela par des arpèges aériens prouvant qu’un lyrisme délicat est encore possible. Ici l’unique but semble être l’absolu ne versant jamais, ô grands dieux jamais, dans la démonstration semi-tragique dans laquelle se complait la grande majorité des groupes actuels. Nous vivons dans une époque formidable car la course à la déshumanisation débile nous donne quelques disques réac de grands inadaptés : à ce délicat ‘Teen Dream‘ va suivre le résigné Midlake, le Field Music et ce sans évoquer le superbe Magnetic Fields. Preuve en est qu’il reste un peu de place pour les vraies chansons et que la médiocrité ne l’a pas encore emporté.