Matthew Barney ne le sait peut-être pas, mais son patronyme apparait dans le titre de la seconde plage de la ‘Live Demo‘ de Painting By Numbers, gang complètement vrillé composé d’Antoine Ollivier (guitare, claviers, samples, membre de Dawnshape), Gregory Hoepffner (batterie, membre de Radius System, Brighton et bien plus encore) et Axel Dallou (basse, saxophone, membre de Radius System). S’il en était conscient, cet éminent personnage de l’art contemporain serait probablement satisfait d’avoir son nom indirectement associé à une musique spontanée, malléable et stridente.

Enregistrée live, comme son nom l’indique, la première démo de Painting By Numbers est un petit bijou de folie furieuse, où l’élasticité des compositions provoque paradoxalement une atmosphère aussi tendue que les traits de la dulcinée de Barney (mais si, l’islandaise). Plus qu’une prise d’assaut des tympans, les curiosités sonores du trio déboussolent l’auditeur à grands coups de caisse claire perçante, de claviers déglingués et de basse vrombissante. Alambiquées, les structures des morceaux accueillent également des choeurs irrémédiablement malsains, des guitares fantomatiques, des nappes faussement célestes et même quelques notes de saxophone enroué. Jamais Axel, Antoine et Greg n’avaient agi de la sorte avec leurs autres projets. Aucune mesure de ces six attentats sonores ne fait penser à un autre groupe — les seuls sons hérétiques que l’on pourrait rapprocher de Painting By Numbers seraient les productions les plus musclées du label Warp.

Ambitieuse et torturée, cette ‘Live Demo‘ de Painting By Numbers doit être vécue avec volupté et concentration, à la manière d’une première prise de MDMA. Mais à la différence de cette amphétamine, ces six tachycardies auditives sont gratuites.

PS : trop diabolique pour être notée.