Philippe Katerine. A la fois nom d’artiste et titre du dernier album de cet énergumène, difficile à situer dans le magnifique paysage de notre belle chanson française. Pourtant, il y est installé depuis quelques temps déjà, puisque ‘Philippe Katerine(l’album) est le 10ème album de Philippe Katerine (l’artiste), à quelques rééditions près. Attention, suivez bien, et ne confondez pas ‘Philippe Katerine(l’album) et Philippe Katerine (l’artiste), sinon vous perdrez tout le sens (et au passage tout le génie) de cette chronique.

On ne sait jamais trop à quoi s’attendre avec Philippe Katerine (l’artiste, pas l’album pour le coup). Il touche à tout, en fait beaucoup, que ce soit de la chanson, du cinéma ou de l’écriture. Il change de genre, écrit et compose pour d’autres, mais il reste lui-même difficile à définir. Disons que globalement, Philippe Katerine (l’artiste, mais c’est aussi valable pour l’album) est une grosse blague. Et ‘Philippe Katerine(l’album donc, mais l’artiste aussi) le prouve à nouveau. Une grosse blague pourquoi ?

Tout simplement car Philippe Katerine (l’artiste) raconte de la merde sur la totalité de ses titres. Il n’y a pas plus clair. Soyons honnête, avoir pour paroles l’alphabet, une liste d’artistes (pas Philippe Katerine (l’artiste)) morts ou vivants, ou encore ‘vas-y met ta moustache’ suivi d’un éclat de rire de 20 secondes, c’est de la merde. Mais ces paroles stupides et relevant du foutage de gueule font toute la richesse et la débilité de ‘Philippe Katerine(l’album et l’artiste en général ici). Il est admirable de voir un mec qui fourmille d’autant d’idées pour faire de la merde. Et ça marche. On rigole ou au moins sourit sur chacun des 24 titres de l’album. Et c’est comme ça qu’il faut approcher et apprécier Philippe Katerine (ici encore l’artiste et l’album) : des chansons marrantes, parfois mignonnes et jolies, et qui dans tous les cas parviennent à vous coller un sourire aux lèvres. Et en ces jours d’automne, d’Hadopi, de conflit isra-machin, d’expulsions de roms (l’émulation, c’est pas bien), ou encore de… non, en fait tout ça on s’en fout aussi, c’est vraiment de la merde cette chronique.

Pour les compositions, ‘Philippe Katerine(l’album, on sait pas vraiment pour l’artiste) s’éloigne des sonorités électro de ‘Robots Après Tout‘, et s’oriente vers des balades tout en simplicité qui créent une atmosphère chaleureuse, très en contraste avec les conneries débitées (‘Vieille Chaine‘, ‘Cette Mélodie‘). On admire par exemple l’exploit de créer une ambiance à la ‘How does it make you feel(le titre, pas l’album) de Air, en partant du son d’arrêt de Windows XP. On reste sur un trio guitare-basse-batterie, aux sons feutrés et finement travaillés pour mettre en relief les paroles. La musique parvient ainsi à s’imbriquer parfaitement avec les jeux de Philippe Katerine (l’artiste, l’album ce serait con). Et l’ensemble fonctionne tellement bien qu’on y retourne sans problème. Il ne s’agit pas de blagues à usage unique comme les parodies qu’on entend d’habitude. On réécoute sans soucis ‘J’aime Tes Fesses‘, ‘Bla Bla Bla‘ ou ‘Parivélib’‘, avec toujours le même sourire qui revient. Seule ‘Philippe‘ est vraiment insupportable, mais après tout, c’est le but. Pour en conclure avec les chansons de l’album, chapeau bas pour ‘Il Veut Faire Un Film‘ : chanter « je veux faire un film avec une femme nue et des handicapés » avec ses parents, il fallait oser.

Finalement, ce n’est pas si dur de décrire Philippe Katerine (l’artiste) : il est juste ‘différent’ (bien insister sur les guillemets). Des balades pop sans prétention, un niveau de connerie constant, et il nous sort un très bon album de merde : putain de Philippe Katerine (album et artiste).