Schéma que l’on ne cesse de croiser, Maps & Atlases est un quatuor alliant avec douceur et passion l’indie et le math-rock. A cela s’ajoute, et c’est qui fait toute la fraicheur de ce groupe, une touche folk que ces messieurs doivent forcément à leur nationalité américaine (Chicago pour être précis, lieu d’élégance musicale). Et une voix. Quelle voix. Un timbre soul et aigu à la fois, jamais insupportable et pourtant si anodin.

Il faut dire que l’on n’est guère habitué à entendre une voix lorsque l’on écoute telle musique. L’instrumental est le plus souvent privilégié, rendant le chant tout à fait superflu. Signe de musiciens qui sont fatigués d’avoir à composer avec l’élément musical proclamé star depuis des décennies avec l’enracinement définitif de la chanson dans le marché musical, au détriment d’autres instruments souvent mieux maitrisés. Certains groupes ont tenté d’associer chant et compositions techniquement et mélodiquement aptes à rester instrumentales, mais les résultats furent souvent et en définitive tout à fait passables (This Town Needs Guns, ou quelques morceaux d’And So I Watch You From Afar époque ‘Tonight The City Burns‘). C’est bien gentil de vouloir en faire le plus possible, mais attention à l’aérophagie sonore, cela provoque des bâillements.

Maps & Atlases ont en revanche bien analysé la situation et en ont tiré avantage. ‘Perch Patchwork‘ est leur premier album et montre déjà un talent et une finesse exemplaire. Une vraie musique douce pour hipsters, je vous dis. On y entre comme dans un champs dans la campagne, un paysage idyllique en arrière-plan. ‘Will‘ ouvre on ne peut mieux la promenade par un matin ensoleillé, et ‘Was‘ le ferme avec un soleil couchant plein de magie pour les oreilles. Les gazouillements des petits oiseaux sont presque audibles, avec un peu d’imagination. Avec ses mélodies virevoltantes comme un tas de feuilles par temps de vent et ses arrangements de qualité notable, l’album est un sans-faute. Du tube en puissance (‘Living Decorations‘, ‘If This Is‘), Maps & Atlases passent sans peine au morceaux à déguster au coin du feu avec une bonne pipe (‘Solid Ground‘) et enchainent avec titres facétieux et presque champêtres (‘Banished Be Cavalier‘, ‘Carrying The Wet Wood‘, ‘Pigeon‘, ‘Perch Patchwork‘).

Ce disque se dévore en entier comme une tarte préparée avec amour par sa grand-mère. Goût fruité, texture croustillante et l’odeur qui sort du four. Oui, comme dans la pub Herta. Sans les deux sales gosses. Les seuls acteurs ici sont de vrais adultes passionnés qui font preuve d’un savoir-faire bluffant. Ils distribuent une chaleur humaine avenante et réconfortante dans des structures musicales complexes, comme si l’esprit des années 50 avait fusionné avec le post-modernisme.