Il porte le même nom qu’un célèbre tennisman, et ça n’est pas plus mal. En vérité, James Blake, c’est de la balle. On ne parle que de lui de l’autre côté de la Manche et certains se sont empressées de le comparer à Phil Collins. la similarité n’est pas évidente, mais l’on sait bien que l’être humain aime à se trouver des remplaçants lorsque figures et idoles jettent l’éponge, rendent leur tablier, ou meurent. Après tout, on désigne bien un jeune footballeur comme le successeur de Zidane dès qu’il accomplit quelques pirouettes ça-et-là.

Celles-ci sont d’une toute autre nature sur ce disque. Pas de fioritures ici, monsieur. Le silence est d’or. James Blake cultive les non-dits évoquants et les temps pas si morts que ça. Du clavier, du beat (parfois déstructuré) et une voix soul magnifiée par le calme ambiant. Cela suffit pour envoûter l’auditeur. Le cocktail léger et pesant distillé par l’artiste est fascinant.
Dommage que l’album ne soit pas plus long, on aurait pu tenter un jeu de mots attrayant du style Jamais une heure de retenue n’aura si bien passé.

Oubliez Kid A et Amnesiac. Si vous voulez jouer à l’amateur d’expérimental de comptoir, voilà un nouveau disque de référence. Mais avant la branlette intellectuelle qui risque de se développer autour de James Blake, appréciez au moins son excellence.