Si Amen nous a quelque peu déçu, il marquait l’avènement d’un groupe audacieux qui a su marquer les esprits par son jusqu’au boutisme et sa puissance – au moins le temps d’un premier EP. Fidèle à son envie d’expérimentation (ou son envie d’irriter, c’est selon) My Own Private Alaska nous prend de court sur ce Red Sessions.

L’album commence par le titre Red qui se singularise par le fait que Matthieu ne hurle à aucun moment. La chanson est prenante, intense, racée, bien que plus sobre que ce à quoi le groupe nous avait habitué. On comprend vite que sous couvert d’album acoustique, le trio laisse de coté hurlement, frappes lourdes et malencontreux effets numériques made in Ross Robinson pour interpréter leurs titres de façons plus douces. Pari risqué, mais pari réussi qui justifie amplement que le groupe fasse une relecture de ses principales compositions.

On est ici dans l’épure: on réduit la batterie à sa plus simple expression (After you, Amen, Die for me) voire on la remplace par des instruments non conventionnels(chaînes, clés ?) tout en freinant les envies de déluge de notes du pianiste (When did you sleep last night ?, I am an island). On peut même le laisser seul pour interpréter magnifiquement Anchorage. On savait les titres de MOPA excellents, le traitement acoustique met en évidence leur noirceur hypnotique.

Avec Red Sessions, les toulousains de My Own Private Alaska réussissent à se rendre plus accessible sans dénaturer sa démarche artistique ni édulcorer son propos. Tout juste regrettera-t-on le manque de titre inédits et la qualité légèrement moins assurée de Just like you and I.