Dans la Sainte Trinité du celtic punk, Dropkick Murphys est le fils prodigue du père alcoolique The Real McKenzies; un fougueux jeune homme friand de castagne, contrairement au Saint-Esprit Flogging Molly aux aspirations mélancoliques. C’est surement pour cela que Going Out In Style était attendu comme le messie – surtout que le dernier album des irlando-américains, The Meanest of Times, date de 2007.

Cela commence par un tambour militaire suivi par les grondements grandissants d’une foule remontée, explosant dans un tonnerre de voix viriles réclamant la pendaison de leurs ennemis, le tout soutenu par le son d’une cornemuse. Quiconque a déjà été confronté à une cornemuse utilisée à pleine puissance sait que cet instrument ne laisse que peu de place à la subtilité. Dropkick Murphys s’est fait une spécialité des chansons bourrines et simples, à la mélodie accrocheuses et aux paroles belliqueuses. Des titres comme Hang’em high ou The hardest mile fonctionnent particulièrement bien : ils se fredonnent dès la première écoute et donnent à l’auditeur des envies de troisième mi-temps. Pas étonnant que le groupe soit si populaire auprès des supporter (et des hooligans) de tout bords.

Bon, quelques fois ça vire à la fête à Neu Neu (Climbing a chair to bed) mais c’est rattrapé par les 2-3 vraies réussites de l’album. Citons Take’em down, chanson acoustique galvanisée par les choeurs et la rythmique assurés par un régiment de dockers tapant du pied et des mains, ou encore l’éponyme Going out in style, où Al Barr imagine ses propres funérailles comme la plus grosse teuf jamais organisée. Vivifiant, contrairement aux balades se voulant poignantes mais qui se révèlent anecdotiques (voire involontairement drôle dans le cas de 1953). Bah, ce n’est pas pour ça qu’on écoute Dropkick Murphys.

Pas de surprises sur ce Going Out In Style : de la cornemuse, de la bagarre, des refrains mémorables, de la bière et des potes (dont Bruce Springsteen). Tant que c’est bien fait, nous n’y trouvons rien à redire.