J’étais plus qu’impatient de découvrir le nouvel album des gars de Leicester, suite au fabuleux West Ryder Pauper Lunatic Asylum, qui est toujours aussi agréable à écouter,
mais c’est fou comme un album mal tagué peut fausser l’appréciation d’un disque. Par exemple, sur Velociraptor!, l’ordre des chansons change radicalement la façon dont j’ai découvert l’album. Après quelques écoutes parsemées de bâillements, d’ennui profond et de frissons (mais pas de plaisir) et l’ordre correct remis en place, il est vrai que ça change radicalement, certains titres rattrapant d’autres bien moins agréables.
Le groupe a voulu s’écarter de WRPLA, et ils sont revenus à un style plus semblable aux deux premiers albums, mais avec des touches du troisième. J’ai bien ressenti la même impression que pour Empire, quelques titres qui sortent du lot (La Fée Verte), entourés de morceaux bien fades et classiques n’apportant rien de nouveau à ce qu’on connaît de Kasabian. Une des premières choses qui choquent est la présence vocale de Sergio Pizzorno, le guitariste de la formation. Ses choeurs dans le précédent disque donnaient une originalité très appréciable, mais on assiste ici à un festival de choeurs, de bruits (Days Are Forgotten) et de cris (Switchblade Smiles) pas toujours très réussis, même carrément désagréables qui donnent cette impression de chanter pendant qu’on lui broie les couilles. On a par-contre affaire à un Tom Meighan très inspiré sur les couplets, varié et constant dans la qualité de son flow (Re-wired et Velociraptor! entre autres) et parfois un peu fainéant (sur le refrain de Days Are Forgotten par exemple).
Ils ont tout de même gardé quelques éléments de leur précédent album, pour le meilleur (Acid Turkish Bath) et pour le pire (Goodbye Kiss).
La production très efficace de Dan The Automator apporte néanmoins une grande fraîcheur sur l’ensemble de l’album (Let’s Roll Just Like We Used To entre autres), et ça sent par-contre un peu trop le Gorillaz sur Man Of Simple Pleasures.

Loin du chef d’oeuvre annoncé, il s’agit d’un disque sans réel gâchis, mais qui déçoit fortement après ce qu’ils ont fait dans le passé. C’est comme si des vélociraptors tuaient un T-rex et qu’après, ils retournaient chasser des animaux inoffensifs. Pour ma part, je préfère attendre le prochain album : Kasabian donnent l’impression de sortir un très bon album suivi d’un album très moyen. J’espère juste qu’ils restent sur cette continuité et qu’une météorite n’arrive pas entre temps.