Si The Beginning And End Of Now loupait de peu l’appellation d’album culte, Recreation est lui en deçà de ce qu’on attendait d’un nouveau disque de Papier Tigre. Difficile de l’imaginer, mais les structures nerveuses et frétillantes n’ont pas bougé d’un iota depuis l’épisode précédent. De la repompe ? Non ! Papier Tigre n’a pas l’air de se poser ce genre de problème, car chez eux c’est récréation musicale toute la journée et tant pis si les jeux se suivent et se ressemblent. Du coup, rebelote de mélodies en stop motion, parfaitement illustrées par le clip de I’m Someone Who Dies, simili-tube malheureusement moins efficace qu’un Restless Empire. Il faut dire que la magie linéaire des trois lurons s’est un peu essoufflée. Les fugaces structures rythmiques tracent toujours ces points d’interrogation en pointillés, seulement, face à un esprit averti par l’album précédent, elles ne frappent pas avec la même vigueur. On se surprend à faire plusieurs fois des comparaisons avec The Beginning And End Of Now, tellement qu’on réécoute quelques-uns de ses morceaux que nous ont rappelés les nouveaux. Chimera ? Moui mais, tiens, et si j’écoutais Health And Insurance à la place ? This and That, and More of This and That, ce pourrait être la maxime de Papier Tigre, et pourtant ce titre, conjointement avec Teenage Lifetime, est celui par lequel on arrive à entrevoir un bout de dépassement, de changement. Au final on se retrouve devant un sacré paradoxe, celui d’une musique math-rock, mouvante et volage, se retrouvant les pieds dans le ciment. Mais ces grands enfants là, ça les fait rire, car ce n’est qu’un jeu.

Mais oui, tu peux aller t’amuser dehors, mais surtout sens-toi libre de t’éloigner !