Après un ‘Morning View‘ tranchant avec le funk metal des débuts mais couronné de succès aussi bien par la presse que pas les fans et après s’être séparé de son bassiste (remplacé par Ben Kenney, ex-Roots) Incubus nous livre une nouvelle galette ! Alors, retour aux sources ou pas ?

L’album est introduit par le tube ‘Megalomaniac‘, des guitares plutôt énergiques, un groove impressionnant sur la batterie et la basse… pas de doute c’est bien une chanson d’Incubus ! On sent les influences multiples, aussi bien rock que jazz & funk… Brandon chante toujours aussi bien, ce titre est relativement plus énervé que ceux de ‘Morning View‘ mais l’on est tout de même très loin des bombes de ‘S.C.I.E.N.C.E‘ ou de ‘Make Yourself‘ (écoutez un peu ‘A Certain Shade of Green‘ pour voir…).

Les chansons se suivent mais ne se ressemblent pas et cette galette contient son lot de perles, ‘Sick Sad Little World‘ par exemple (peut-être en référence à Daria pour ceux qui connaissent), avec un instrumental plutôt sympa au milieu du morceau, un duo basse/guitare des plus efficace accompagné par cette bonne vieille batterie. ‘Pistola‘ est aussi bien pêchue, on aperçoit quelques petits sons electro sur le break qui viennent se mêler à la gratte tandis que ‘Southern Girl‘ calme le jeu, rappelant un peu ‘Drive‘ (de ‘Make Yourself‘) par moments, petits arpèges de guitare en son clair, une batterie qui s’adoucit et un Brandon des plus posés… et ça parle d’une fille bien sûr !

Priceless‘ nous réveille avec une intro de batterie énorme, ça c’est une caisse claire qui claque, Brandon lâche le chant traditionnel pour chanter à nouveau en saccade, chose qui commençait à manquer… Mais la surprise de cet album c’est ‘Here In My Room, une chanson des plus surprenantes, entièrement interprétée au… piano, oui vous avez bien lu ! Un trio piano/guitare/basse et une voix qui monte dans les aigus par dessus tout ça… (bien entendu accompagné de la batterie de Jose Pasillas). C’est bien plus qu’une simple balade, l’ambiance de cette chanson est vraiment particulière, aérienne… Il faut l’écouter plusieurs fois (comme tout l’album d’ailleurs) pour réellement en apprécier toutes les subtilités. Arrive finalement ‘Leech‘, introduite par la basse vraiment efficace de mister Kenney. Dirk Lance (ex-bassiste) nous manque un peu c’est sûr… mais pas tant que ça !

Si vous êtes fans d’Incubus vous ne serez probablement pas déçus par cet album, mais si vous pensiez (ou espériez, comme moi en fait) que le groupe allait nous lâcher une bonne bombe énergique après s’être endormi sur ‘Morning View‘ et bien c’est raté. Mais ce CD reste néanmoins excellent et surtout original : les choses neuves à écouter sont des denrées rares de nos jours… D’autant plus que là où cet album nous change des sorties actuelles, c’est aussi par sa longueur, et oui cet album est… long ! (une heure et quatre minutes pour être précis, ça change des CD’s de trente minutes, je ne cite personne).