Le doc qui cachait le CD est sorti et nous voici en présence de 10 morceaux, étendard du rock à l’ancienne. Classic-rock, rock FM, punk-rock, toutes ses itérations purement américaines reprennent donc vies avec des légendes abimées et des contemporains célébrés sous l’égide de l’autre Dave. Celui dont le fromage favori reste le Cheddar.

Batterie, basse, chant, le bonhomme est omniprésent et reste le fil rouge barbu de la balade. Forcément vu le concept, l’ensemble est fourre-tout mais on appréciera la qualité de la production et la place faite à la batterie. Certains morceaux ont bénéficié de plus de temps et ça se sent.  »Can’t Fix This » semble durer 3 heures,  »Wife is Calling » également. Les vieilles gloires fatiguées, contentes de frôler de près les spectres des micros ont eu du mal à s’arrêter et on ne se gênera pas pour écourter leurs efforts.

Dans cette promo, les bons élèves surnagent comme la lourde  »From Can to Can’t » avec Corey Taylor qui hérite peut-être du morceau le mieux construit, la fun  »Man that Never Was » de Rick Springfield. Josh Homme en tenant longuement la note sur  »Centipede’, fait monter doucement la sauce sans trop convaincre. Dave Grohl joue les Clapton sur  »If I Were Me » et le vieux fileur de coup de main Alain Johannes couine dans son registre habituel en solo sur  »Trick with no Sleeves ». Premier titre dévoilé et écrit en 3 heures,  »Cut Me Some Slack » prouve surtout que Paul Mc Cartney en a encore dans le manche, chose qu’il nous avait tous déjà démontré lors d’une certaine cérémonie olympique l’an dernier. Mantra termine le disque dans une fin de morceau jouissive qui laisse comme un goût de trop peu. Cette dernière minute 30 où les 3 monstres font autre chose que se regarder de côté laissait espérer un peu plus que sa première moitié un poil chiante à 3 voix. Comme preuve ultime que Sound City n’a pas apporté grand-chose en termes de créativité, le titre chanté par Monsieur BRMC est semblable à n’importe quel autre titre de leur répertoire, même si il ouvre parfaitement l’album comme il accompagnait très bien le générique de fin du doc. Ces enregistrements sonnent surtout comme une grande cour de récré où chacun s’est fait plaisir sans trop se forcer, ni se fouler.

Comme sur Back & Forth, c’est les paroles écrites sur un coin de table et déjà entendues mille fois dans les autres prod’ Grohl qui en rajoutent une couche. Celles-ci ajoutées à une impression globale de déjà-vu et un manque de couilles : on sort rarement des clous et tout le monde reste poli. Sound City en CD est assez fidèle à sa version filmée en étant une sorte de résumé lissé et propret d’un certain rock US, une compil’ pour les nuls en somme. Ca n’en fait pas un mauvais album, ça fait le boulot. Un album efficace, et encore, plus qu’une pièce mémorable. A l’annonce récente d’un nouvel album des Foo Fighters, on a sacrément envie de conseiller à quelqu’un de prendre un peu de repos histoire qu’on apprécie un peu son absence.