Après de nombreuses péripéties aux USA où ils ont dû lutter contre l’ouragan Sandy, les trois lascars de Sofy Major sont parvenus à finaliser leur second album ‘Idolize‘. On pourra contester la numérotation de l’album, mais il faut dire que le groupe a entamé une seconde vie depuis leur compilation ‘5 years of freaks‘. Les clermontois ont fait une croix sur le screamo noisy un peu crado et jouent désormais un stoner hardcore caverneux plus que convaincant sur l’excellent ‘Permission to Engage‘.

Idolize‘ se propose de prendre la suite logique de son prédecesseur. Après une brève présentation assez engageante (I am the devil. And I am here to do the devil’s work) le trio attaque pied au plancher avec un ‘Aucune Importance‘ véloce. Les riffs impressionnants se succèdent, plus tranchants les uns que les autres (putain, ce ‘Front forward‘… et le refrain de ‘Slow and painful‘, ouch !) mais pas forcément aussi massif que ce à quoi on s’attendait. Sofy Major s’est essayé à composer des titres plus lourds (‘Steven the slow‘, ‘Cofee Hammam‘) et plus bluesy (‘UMPKK‘) qui font leur petit effet. Par contre, si l’ambiance de l’album est très réussie – on sent le bitume, les kilomètres avalés et les bars miteux au bord d’un motorway désertique comme si on y était – on regrette que les parties noise sonnent de façon anecdotique, ainsi que quelques choix mélodiques pas très heureux sur ‘Platini‘ ou le début de ‘BBBreak‘ (la fin de ce morceau étant magistrale).

Avec ‘Idolize‘, les infatigables globe-trotters de Sofy Major ont signé un bel album cohérent et racé. Il est certes un poil moins marquant que Permission to engage, mais reste ce qui se fait de mieux en France en stoner couillu malgré l’émergence d’un bon paquet de groupe ces dernières années.