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Sofy Major + Unsane, en voilà une affiche noise/hardcore intéressante. Intéressante, mais a priori pas complète car déplacée du Metronum (600 places) au Saint des Seins (150 places). Le lien entre les deux groupes est tout trouvé : c’est le bassiste du second, Dave Curran, qui a produit le dernier album du premier.

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Tout est dans le timing

Je fais délibérément l’impasse sur Absed et vise 20h45 pour un début affiché à 20h30 sur le billet. Arrivé sur place, je regrette presque de ne pas être arrivé à l’heure : Absed semble bien plus sympa en concert que les quelques morceaux que j’en avais écouté. Et je vois tout de suite le lien avec Sofy Major, le son étant très proche. Affreusement proche même. Curieux, car le style semblait pourtant différent. Mais ça ressemble vraiment énormément : je connais ce morceau. Je comprends plus ou moins vite qu’il s’agit bien de Sofy Major et non d’Absded sur scène. Je vérifie ma montre : 20h45. Je vérifie le billet à nouveau : début 20h30. Merde, soit Absded a été ultra-rapide soit il y a une couille niveau timing. Et comme Absded n’est pas un groupe de punk extrême à chansons de 30 secondes, il y a évidemment eu une couille niveau timing. Au lieu d’apprécier 2,5 groupes, j’ai donc droit à une soirée raccourcie avec seulement 1,5 groupe. Jolie déception pour Sofy Major, qui était ma motivation principale pour cette soirée. Il ne me reste plus qu’à très vite rentrer dedans.

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J’ai malheureusement eu seulement 20 minutes pour apprécier en direct l’énergie de Sofy Major, aucunement diminuée par rapport aux albums. J’ai entendu “planplan” comme adjectif après leur passage, je ne partage pas. Les français assurent avec détermination leurs titres sur la petite scène du Saint des Seins. C’est honnête et puissant, comme dans mes souvenirs. Ils ont apparemment fait face au syndrome des premiers rangs déserts en début de concert : en fin de set, le public est donc chaleureusement remercié pour s’être avancé. Tout ça intervient beaucoup trop tôt à mon goût et c’est déçu que je vois le groupe partir si vite.

Tout est dans le regard

J’avais découvert Unsane sous la Valley du Hellfest en 2012. Le groupe a un son agressif et hargneux, comme leurs pochette. C’est celle de Wreck qui me reste à l’esprit quand j’entends parler d’Unsane.

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La mise en place est rapide et le groupe à casquettes ne tarde pas à rameter tout le monde, avec un peu de bruit. Le gap générationnel avec Sofy Major est notable, mais leurs têtes de vieux n’impactent en rien la hargne dans leur regard. Celui de Chris Spencer au chant est flippant et le son s’en ressent : les titres arrachent. Les intros de batterie ajoutées sur bon nombre d’entre eux sont la touche d’originalité par rapport aux albums. Et le talent de Vinnie Signorelli se fait sentir, ces intros étant 1000 fois plus appréciables que n’importe quel solo moisi de batteur superstar. Le public s’enflamme, ce qui est toujours amusant dans une salle aussi réduite que le Saint des Seins. Les quelques fervents supporters qui connaissent les titres sur le bout des doigts sont rejoints dans leur agitation par tous les premiers rangs qui s’animent. Les bières se renversent et monsieur bootleg devant moi commence à faire attention  à son enregistreur. Le groupe, heureux d’avoir quitté le nord et sa pluie, perd le fil du temps et décide de jouer jusqu’à se faire dégager. C’est le moment où Chris, coulant et dégoulinant de sueur, arrêter de maltraiter sa Telecaster et sort l’harmonica pour “Alleged”. Au final, on a droit à une belle heure de concert, conclue sur le rigolo et effrayant “Ha Ha Ha”, reprise de Flipper.

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Malgré le timing surprise qui a gâché le début et raccourci Sofy Major, je reste sur un bilan positif avec cette belle affiche noise proposée par Noiser (logique).

Merci à Julien pour l’illustration avec ses photos, à voir en intégralité par ici.