Une dizaine d’années après leur premier skeud, Kasabian est sur le toit du rock anglais. Rêvant de Glastonbury et de têtes d’affiches, c’est désormais chose faite. Au sommet de son talent avec West Ryder Pauper Lunatic Asylum, le groupe frappe juste un album sur deux. Velociraptor subissait les affres de cette loi avec une construction qui sentait bon la bête à deux têtes. Le bourrin Tom Meighan d’un côté et ses airs d’hooligan houblonné pour les morceaux francs du collier et son acolyte Sergio pour les balades bien troussées à la guitare sèche. Toujours prêts à fricoter avec l’électro, ils ne lâchent pas cet orientation de vue et offrent d’ailleurs les meilleures pistes de ce 48:13.

Bordélique. Voilà comment résumer en un mot ce cinquième disque. Pour vous dire rap et ska viennent même s’inviter à ce qui ressemble plus à une association de malfaiteurs qu’une réunion de talents. Ce Think Tank sous Budweiser Lite suscite bien des interrogations et rend ses premières écoutes chaotiques. Doté d’une pochette à rendre jaloux Animal Collective, d’un titre débile et d’une tracklist issue d’un enfant de 3 ans, 48:13 a l’air d’avoir été composé par 23 personnes. Le premier quart d’heure est assez rentre-dedans avec du déjà entendu parfois mais ça fonctionne et on est rapidement pris à headbanger sur ‘Bumblebee‘ et ‘stevie’.

Cependant comme lors de lendemain de beuveries euphoriques, la redescente est sévère et provoque des maux de têtes. La putassière ‘Doomsday‘, single à en devenir, frôle les chicanes mais franchit la ligne malgré ses relents de ska. Oui cher lecteur, tu as bien lu. Ca se corse avec ‘treat‘ par exemple, qui nous sort un « Everybody » digne des Backstreet Boys ! Pareil l’incursion dans le rap via ‘Glass‘ laisse perplexe… Le classique chant à 2 voix des 2 frontmen marche bien sur ‘Explodes‘, tout comme sur la con-con mais efficace ‘eez-eh‘.

A l’heure de la conclusion, le bilan n’est pas folichon. Expérimentations foireuses, chemins de traverses malheureux, déjà entendu, 48:13 est pétri de mauvaises idées et ne se gêne pas pour les enchaîner. Alors ça n’empêchera pas ses géniteurs de ramasser des millions mais nous, on reste sereinement sur le bas-côté.