Franz Ferdinand … référence à François Ferdinand, assassiné en 1914 à Sarajevo, provoquant ainsi la première guerre mondiale … Les Inrocks les admirent et ne tarissent pas d’éloges sur eux et sur leur brillant premier album éponyme (c’est la mode). Et on sait que généralement, quand les Inrocks s’enthousiasment sur un jeune groupe, ce dernier devient souvent un phénomène interplanétaire, que dis-je intersidéral (The Strokes, et consorts). Ce premier album du groupe écossais est donc l’occasion pour la plupart des magazines ‘Hype’ de sortir les qualificatifs du genre ‘Arty’, ‘Groovy’ ( ?), ‘Dub’ et moult expressions du même style. De quoi donc nous faire un peu peur quand même … Mais cet album est-il aussi bien que le dit la rédac’ du magazine le plus influent sur l’élite française ?

Eh bien force est bien de constater que comme souvent, ils ont du nez les magazines Hype. Ce cd est un mélange de pop-rock à la fois simple et complexe, avec souvent une touche psychédélique qui n’est d’ailleurs pas pour en déplaire à nos chtites n’oreilles. L’album s’ouvre sur ‘Jacqueline‘, un titre qui débute par la voix simple du chanteur accompagné par quelques notes dispersées à la guitare, avant de totalement se barrer en un délire pop où la voix de l’excellent chanteur sort du lot, et où les deux guitares mêlent les recettes du genre musical (petit riff doublé par la seconde guitare plus rythmique). Le troisième titre est le single de cet album ‘Take Me Out‘. Une intro des plus classiques, où rien n’est à signaler… quasi banal. Puis, encore une fois, le morceau bascule génialement dans un nouveau trip lent et psyché, son riff étant à peu près reconnaissable entre 100. Ce voyage dure 3m15, et c’est du pur bonheur, et vient nous prouver que dans les temps où la mode est ‘à celui qui joue la guitare le plus vite et le plus fort’, la simplicité et l’apparente lenteur peuvent être des arguments de taille. Non de lui, un titre allemand ‘Auf Achse‘ (que je traduiras volontairement pas, question de difficultés dans la langue de Goethe, de Derrick, d’un cas pour deux, et du Renard aussi), un titre s’ouvrant sur une mélodie de synthé plutôt lente mais encore une fois accrocheuse, avant de céder à un dépouillement lors du couplet (batterie en rythme disco, basse, voix) et de s’emballer comme il se doit lors du refrain.

Ce ‘ trip’ acidulé et rafraîchissant dure 39 minutes pour 11 morceaux mélangeant habilement calme pop et fureur psychédélique grâce aux rythmes utilisés, et aux apparitions de synthé (‘Auf Achse‘, ‘Jacqueline‘), où au dynamisme plus rock de certaines autres compos (‘This Fire‘, ‘Come Home‘ ou encore l’excellent ‘Michael‘). Franz Ferdinand impose donc d’emblée sa patte ‘arty’ sur un monde pas assez ‘Hype’, qui nous prouve que ‘psychédélisme’ peut rimer avec ‘dandisme’ (avec Prisme aussi, mais il n’y a aucun rapport) et nous apporte un très bon cd de leur terre natale qu’il n’ont pas encore abandonné, l’Ecosse, en attendant de les voir très bientôt en France en concert, jetez vous sur cet album surprenant et qui vous donnera sûrement envie de hocher de la tête pendant un moment.

PS : Oui, j’aime les Inrocks, et j’aime quand ils me font aimer ce genre de groupes.