10 ans de silence en studio, une reformation en 2011 pour les concerts et revoilà le duo avec un album enregistré entre 2012 et cette année. 35 minutes brut de décoffrage, jamais très loin de la pédale d’accélérateur. Ca déroule vite, fort et le son est plus que jamais heavy. A l’image d”Always On‘, le skeud est très prenant. C’est rare mais dès la première écoute, la sauce prend.

Cinquième morceau de la tracklist, la ‘ballade’ ‘White is Red‘ trompe l’ennemi sur son premier couplet en ralentissant le rythme mais elle ne perd pas en force pour autant. The Physical World prend un malin plaisir à jongler entre les morceaux calmes et les gros machins bourrins comme ‘Government Trash‘ avec sa batterie martyrisée et ses riffs qui tâchent. Dans sa volonté de ne rien comme tout le monde, DFA va également à l’encontre du disque ‘rock’ habituel qui se meurt lentement sur sa dernière partie. Ici, les morceaux les plus vénères sont vers la fin histoire de t’en mettre une dernière dans la gueule avant de partir. En parlant de la fin, la piste éponyme se charge du côté épique s’octroyant le titre du morceau le plus étiré et tortueux.

Bardé de gros singles parfaits pour les radios (‘Trainwreck 1979‘, ‘Gemini‘) sans jamais perdre en qualité pour autant, The Physical World a tout ce qu’il faut pour vous faire mal au cou et régner sur cette fin d’année. Les écoutes effrénées que nous avons pu mener ce dernier mois semblent prouver que l’album tient la route. Par contre, désolé les gars on n’a pas saisi votre comparaison à la ‘Springsteen qui rencontre Sonic Youth.’ Ce cher Owen Pallett a tout compris en le décrivant sur Twitter comme une course poursuite entre 2 bagnoles. En plus, le groupe tourne et sera au Badadoum à Paris le 8 octobre. Ca tombe bien, nous aussi.