Parmi la multitude de side projects entourant les Queens of the Stone Age, un m’avait surpris et retenu sur la longueur. Autre groupe du bassiste Michael Schuman, Mini Mansions est donc ce trio issu de Los Angeles formé avec deux vieux potes. Leur premier album éponyme ne manquait pas de qualités, bien que certains l’avaient vite catalogué à cause d’une ressemblance avec les Beatles. Avant d’évoquer la suite, on vous renvoie à ‘Seven Sons‘ , ‘Wünderbars‘ ou ‘Kiddie Hypnogogia‘ pour rattraper votre retard.

The Great Pretenders s’est déjà dévoilé par 3 singles, autant de clips et deux featurings notables. Les MM gardent ce son daté, riche en claviers allié à un sens de la saturation et au pétage de plombs récurrent. Pour autant, cet album est trompeur. Très immédiat et punchy dans ces premiers titres, il change très souvent d’ambiance en passant de la mélancolie (‘Creeps‘) à l’euphorie (‘Double Visions‘) sans prévenir. S’ensuit la sensation étonnante et addicitive d’écouter un disque schizophrènique à la fois très structuré et bordélique. Les harmonies vocales quasi-constantes entre Tyler Parkford et Michael Schuman sont excellentes, parfois proches de la dissonance avec des aiguës très prononcés pouvant au départ déroutés ou gênés.

Si le trio a franchi un cap, c’est dans la construction de ses compositions où certaines montées sont très réussies comme sur l’apaisante ‘The End, Again‘. Mais le moment clé qui fait basculer l’album est l’enchaînement ‘Honey, I’m Home‘ / ‘Mirror Mountain‘. Placée au milieu de la tracklist, il dynamite l’ensemble et mélange le meilleur des deux mondes entre une pop sucrée sur la première et sur la seconde, la folie des cris accompagnée de claviers crados que n’auraient pas renié le collègue Dean Fertita où les suintants/dansants The Kills.

Au-delà des 3 têtes bien remplies, les guests s’en sortent avec les honneurs. Alex Turner essaie de voler le morceau ‘Vertigo‘ en quelques lignes même si c’est le dernier couplet allant crescendo qui attirera notre attention. Même tarif pour Brian Wilson qui accompagne la jolie ‘Any Emotions‘ sans la sublimer. Deux morceaux qui conviennent parfaitement à leurs invités et ajoutent un surplus de notoriété à des titres bien écrits, accrocheurs et parés intelligemment pour les singles. Tout comme ‘Death Is A Girl‘ ou la plus agaçante ‘FreakOut!‘. Dans le cahier des doléances, on rangera ‘Heart of Stones‘ et ‘Creeps‘, pas mauvaises mais mielleuses.

C’est avec surprise que ce second album se révèle au gré des écoutes. Malgré des premiers essais assez mitigés, l’apparente facilité des morceaux et les singles déjà entendus laissent place à la richesse des arrangements, le soin apportés au son, aux paroles et l’amour d’une certaine époque que le projet fait transparaître. Avec un disque plein d’humour, chiadé et soigné, Mini Mansions a de quoi facilement s’installer dans les tops de fin d’année. D’ici là, on surveille de très près pour voir leur pop tordue sur scène dans les prochains mois.