Venu tout droit de la cannebière, Babylon Pression sort enfin son premier album, après un ‘Classé X‘ loin d’être passé inaperçu en 2001. Et là vous dites ‘encore un groupe de Marseille ! Mais ils ont une usine là-bas ou quoi ?‘. Et oui, encore un groupe de Marseille. Mais encore faut-il être un poil original pour se faire remarquer au milieu de groupes tels que Dagoba, Tripod ou encore Eths. Alors Babylon Pression suivront-ils la voie tracée par leurs aînés ou tomberont-ils aux oubliettes ?

Dès le premier titre de l’album, on est plongé dans le monde de Babylon Pression. Sans contenir le riff le plus puissant de l’année, ‘Personne‘ nous fait headbanger ce qu’il faut pour être sur que ce titre sera une tuerie en live. Batterie très fortement axée caisse claire/grosse caisse, riffs très efficaces, chants ragga/criés en alternance, tout est là. On retrouve le Babylon Pression qu’on avait laissé il y a un peu plus de 2 ans et demi. ‘La Fange‘ est totalement à l’opposé du premier titre. Et j’avoue que ça m’a choqué lors de la première écoute. Excepté sur les montés où elles sont particulièrement mélodiques, les guitares sont relativement discrètes et laissent la part belle au chant rappé de Mathieu.

Babylon Pression va tout au long de l’album varier les plaisirs et passer de sons metal, à des titres ragga/rap qui surprennent par leur maîtrise. Chaque morceau a une tonalité très particulière, mais l’album reste très cohérent dans son ensemble. On passe allègrement d’un ‘Négative Génération‘ très rentre-dedans dans ses riffs à un ‘Champion Lova‘ qui malgré son refrain teinté métal se veut principalement ragga. Même ‘Emeute‘ est encore une expérience avec son instrumentale entièrement faite à la boite à rythmes. Ici, les chants rappés de Seb et Mathieu, aidé par Cyparis de Linkage sont largement mis en avant.

Alors on peut se demander ‘Mais j’écoute quoi là ? Un album de métal ou une production rap/reggae ?‘ Et bien ni l’un ni l’autre ! Ou plutôt si ! Les deux ! Babylon Pression est resté vrai. Ils ne cherchent pas à faire du ‘Brutal-prend-ca-dans-les-dents-core‘ parce que ça fait ‘True Evil’ et que le métalleux de base n’aime que ça. Ils ne cherchent pas non plus à se ‘Kyo‘niser pour pouvoir passer sur Europe 2 (et c’est pas avec l’outro de ‘Négative Génération‘ qu’ils seront radiodiffusés : ‘Je crois que j’aime passionnément les enc*lades‘ suivi d’un sample de Patrick Sébastien devrait dissuader les programmateurs… ). Non. Babylon Pression joue SA musique et laisse toutes ses influences s’exprimer. Du métal hardcore au rap, en passant par le ragga/reggae. Bien sur l’influence ‘Metal’ est majoritaire comme le montre les titres ‘Schizo‘ ou encore ‘J’oublie‘ et leurs riffs très saccadés. Mais ‘Confession‘ avec son clin d’oeil à Diam’s (‘Laisse moi kiffer la vibez avec mon pet’‘), ‘R.M.I.‘ et sa rythmique très dansante et ‘Contre-Courant‘ qui viendra clore ce 10 titres, mélangeront encore une fois des refrains métal avec des couplets ragga du meilleur acabit.

Avec ce ‘Négative Génération‘, Babylon Pression s’affirme au plus haut niveau. Fini l’étiquette ‘Neo Metal’ trop facilement collée sur leur dos lors de la sortie de leur maxi ! Le terme ‘Fusion’ aura rarement été mieux adapté pour un groupe français de rap/reggae/métal. Courrez chez votre disquaire favori : des albums aussi variés, ça sort pas tous les jours…