Il est indéniable que TTC a su au fil des années devenir un véritable buzz : le hip-hop français prenait un nouveau visage avec leur premier album ‘Ceci n’est pas un disque‘. Ouste clichés du gangsta qui a vendu de la dope au pied de l’immeuble des Fleurets d’Issy Les Moulineaux, exit les paroles explicites et radicalement engagées contre une quelconque forme d’autorité. TTC fait dans un autre genre, au risque de passer pour le groupe de rap français à connaître sous peine d’être chassé de la classe hype parisienne : trois types aux flows distincts les uns des autres dont un qui se dit être le croisé légitime de ‘Casimir et Stomy Bugsy‘. Saupoudrons le tout d’instrus toutes droit sorties de la génération Nintendo période NES et de paroles plus subtiles et voilà, la cuisine de Cuiz, de Tekilatex, et Tido est prête. Et nous, on se lèche encore les babines après l’écoute de ‘Bâtards Sensibles‘ qui porte parfaitement son nom.

Entre les menstruations de la gente féminine (‘Du Sang sur le dancefloor‘), les fesses des salopes (‘Dans le Club‘), les girlfriends avec qui ils vont baiser comme des lapins (‘Girlfriend‘), et la drague (‘Catalogue‘), l’idée que les gars de TTC soient obsédés d’une manière misogyne s’installe très vite. Et pourtant, malgré toutes ces incitations à la chasse de bitchs on ne peut qu’esquisser un petit sourire malsain : car le trio maîtrise à merveille le second degré, comme si l’esprit de Fuzati s’était insinué en Teki lors de leurs récente réunion (‘Buffet des Anciens Elèves‘ de L’Atelier). En somme, une violente critique comme on n’aurait jamais osé en faire envers l’Homme, le type viril qui salope sa demoiselle après s’être vidé quelques bières. Pour les oreilles sensibles, d’autres sujets propres (plus légers) à TTC y sont étudiés : la difficulté à s’endormir le soir et apprendre à son chat à marcher sur les deux pattes de derrière et surtout, les dancefloors. Car il y a fort à parier que le groupe y a pas mal traîné avant l’enregistrement de ‘Bâtards Sensibles‘ : Teki Latex et Tido se permettent de chanter le temps d’un refrain tandis que les instrus devient plus pop ou dansante comme l’hymne des clubs ‘Dans Le Club‘ l’illustre parfaitement ou ‘Le Chant Des Hommes.

Et surtout, ces putains d’instrus. On croirait qu’Aphex Twin se soit mis aux platines, mélangeant à tout va sons low-techs des synthés sortis des caves, puces audios de gameboy (toujours aussi vidéo-ludiques donc) et sons progressifs montant constamment jusqu’à la rupture cardiaque (dans la très poétique ‘Bâtards Sensibles).

Bref, presque un sans faute : tout simplement bandant. Et ce n’est pas la durée courte de l’album qui viendra entacher le nouvel opus de TTC puisqu’en cadeau bonux, un cd instrumental, une pochette magique avec des vrais-faux reflets de lunettes. Bref, oui, que du bon.