En ce moment, les groupes rock avec une voix féminine, c’est pas mal à la mode. Alors entre des Evanescence, Nightwish, Lacuna Coil et compagnie on trouve quand même beaucoup de bonnes choses qui vont de nos Eths nationaux aux ryhtmiques plus hardcore de chez Kittie en passant par celle dont la voix gutturale reste encore innégalée, j’ai nommé la ravissante Angela de chez Arch Enemy. Mais tout ça, ça reste quand même toujours très métal et très mélodique. Il manquait donc encore une voix féminine dans un style vraiment bourrin, quelque chose de plus extrême et moins concensuel. Avec Neoplasmah, ce jeune quintet portugais qui nous livre avec ce Sidereal Passage leur premier album auto-produit, on semble avoir trouvé ce dont on avait besoin.

Alors Neoplasmah, ce nom hybride de dentifrice et de crème hémmoroïdaire, ça ne doit pas dire grand chose à grand monde, à part si on fréquente le milieu underground death portugais. C’est plutôt normal, puisque le quintet n’en est qu’à sa première oeuvre. Tout de suite viennent à l’esprit tous ces clichés qui entâchent la réputation des premiers albums auto-produits : son pourri, manque de technique, compositions approximatives, style encore indéfini, etc, etc… En plus en jettant un coup d’oeil à la pochette sur laquelle figurent quelques cailloux en lévitation et une tâche blanche (!?) le tout surplombé d’un logo écrit dans un style digne des formations épique et symphoniques les plus kitsch des vingt dernières années, ça n’arrange rien. Mais que nenni ! Il ne faut point juger trop vite, l’habit ne fait pas le moine et dans ce cas précis, il s’agit même d’un moine plutôt bruyant et énervé…

Neoplasmah joue en effet dans la catégorie poids lourds avec un death brutal et rapide penchant vers le grind côté batterie. Et autant le dire tout de suite, le son est étonnamment remarquable : chaque instrument se détache parfaitement de l’ensemble et la tout n’est ni trop saturé ni trop clair. Même la voix reste compréhensible et évite l’éceuil de la soupe de syllabes innarticulée dans lequel tombent trop de jeunes groupes. Parlons-en donc de cette voix. Il ne faudrait pas réduire Neoplasmah uniquement à sa chanteuse mais c’est bien cela qui intrigue le plus à la première écoute, cette voix qui pourrait très bien passer pour celle du plus viril d’entre les virils, qui se situe entre la voix stridente de Gorerotted et le timbre plus sombre de Nile, et qui en fin de compte ressemble étrangement beaucoup, que ce soit au niveau de la ‘note’ que du phrasé, à celle de Fenriz des désormais mythiques Darkthrone (bien qu’au niveau du message ou même de l’image ces groupes n’aient aucun point commun).

Etonnant, donc (ou pas) que cette voix passe aussi bien dans ce style de musique. Mais toute aussi étonnante est la performance technique des musiciens, tant au niveau des riffs, avec des intros vraiment percutantes et bien senties comme dans ‘Dimensional Thresholds‘, qu’au niveau des refrains souvent plus mélodiques comme sur l’instrumental ‘Interstellar Experiences‘, qui marie des harmonies heavy avec la puissance du death le tout sur une batterie-mitraillette réglée comme un métronome.

En gros, pour un premier album, c’est vraiment excellent et Neoplasmah mérite vraiment qu’on passe outre son image un peu terne et lisse pour s’intérésser à sa musique, mariage complexe de death et de grind sur de magnifiques mélodies black suportées par une voix unique en son genre. On ne devrait même pas mentionner le fait que les lyrics se basent sur un concept de voyage interstellaire en même temps qu’introspectif mélant philosophie et physique quantique de peur que ça n’en rebute certains et que ça gâche tout ce qu’on pourrait dire d’autre de bien sur cet album…oups, ça y est c’est dit, c’est sorti tout seul. Bon, tant pis, autant oublier ça et se focaliser sur tout ce qui n’est pas ridicule du tout, c’est-à-dire tout le reste.