C’est à la poursuite d’un ‘Tank‘ qu’Asian Dub Foundation que court la bave aux lèvres, toujours enragé. Suivant leurs instincts les plus profonds (combattre l’ennemi et défendre la cause humaine), Asian Dub Foundation part à toute allure sur fond de rythmes jungle / dub dénoncer l’ennemi conquérant américain. Cet ennemi qui fait couler du sang pour faire couler du pétrole (‘Oil‘, ‘Tank‘ introduite par des percussions militaires, forcément). Une dénonciation claire qui ne se fait surtout pas subtilement mais fort heureusement, le collectif n’est pas connu pour se la jouer opportuniste et amasser le bon gentil peuple que nous sommes et par définition, contestataire.

Tout s’emmêle, dub, breakbeats, jungle, trip-hop, electro, reggae, sons indo-pakistanais, le groupe se complaisant à s’enfermer dans un genre. On en viendra aussi à penser à Massive Attack à l’écoute de certaines instrus, à l’instar de ‘Enemy Of The Enemy‘, en perdant de sa noirceur. Car Asian Dub Foundation s’éloigne un peu de ce qui avait été fait pour le précédent opus, et perd un peu de cette agressivité qui leur donnait tant de vigueur. Mais on retiendra tout de même ces refrains fédérateurs, ces appels à la révolutions que sont ceux de ‘Flyover‘, ‘Who Runs The place‘, ‘Take Back The Power‘ (un clin d’oeil aux Rage Against The Machine ou les grands esprits se rencontrent-ils ?).

Asian Dub Foundation qui ont toujours été en costume de guerre, connaissent avec ‘Tank‘ une petite baisse de régime. La hargne n’est plus la même, les pistes sont plus lentes malgré l’impression laissée par leur premier single, ‘Flyover‘ qui lui, pulse. Peut-être est-ce à cause de ce ‘J’accuse‘ tant de fois vu et revu dans les derniers mois et dernières années qui nous ont épuisé et lassé (ce qui serait vraiment triste). Mais la bataille est très loin d’être perdue et il reste à cet album un grand potentiel sur scène qu’on se fera un énorme de plaisir de tester.