Dans la course au prochain « meilleur groupe du monde qu’on va adorer détester », on tient une grosse prise : Sunny Day Sets Fire. Niveau comparaison, il n’y a pas à se fouler, il suffit d’imaginer Radiohead période ‘The Bends‘ en moins traumatisé par la pleureuse Jeff Buckley. Les chansons de’ Summer Palace‘ ont à la fois l’insouciance de la jeunesse et une maturité qui leur fait éviter les pièges dans lesquels les Subways tombent à tous les coups. On parle de grosse saturation et de balades insignifiantes ce genre de choses…
C’est bien simple, avec Cajun Dance Party, on tient là un groupe qui pourrait durer et dont le potentiel semble infini. L’ouverture ‘Wilderness‘, splendide et lumineux, vous dresse les cheveux sur la tête comme le faisait le premier Arcade Fire et sauf rares exceptions, la tension lyrique ne baissera pas avant un bon moment. Les chansons semblent sortir de la tête d’un architecte fou qui sait conjuguer les attentes de monsieur et madame tout le monde avec des arrangements en permanence tordus, c’est en cela que Sunny Day Sets Fire rappelle Radiohead. ‘End of the road‘ et son riff surf old school sonnent comme un morceau oublié du ‘I To Sky‘ de JJ72, probablement un des albums les plus mésestimés de la décennie qui touche à sa fin. Rock sans être agressif, la musique de Sunny Day Sets Fire déborde d’idées et surtout parle directement au coeur, offre des émotions totalement opposées parfois au sein d’un seul et même morceau (‘I dream along‘ évoque encore une fois JJ72, ‘All our songs‘, le fabuleux ‘Wilderness‘, l’outro très Electric Soft Parade de ‘Stranger‘) sans jamais sombrer dans le putassier ou le facile. Un tel déferlement d’émotions est rare et, on insiste lourdement, la grande force des anglais est de rester en permanence accessible et passionnant, y compris sur ‘Siamese‘ et son côté Hope Sandoval chez les gentils chtites nenfants de l’horreur sur pellicule Les Choristes.
Pour rester un chouia emmerdeur, on pourra noter que si l’album n’est pas parfait c’est parce qu’il se montre un peu trop copieux et qu’une ou deux chansons en moins auraient peut être été bénéfiques d’autant plus que la fin du disque se révèle moins convaincante, plus disparate là où les neuf premiers titres s’enchaînent comme dans un rêve.

Au final, Sunny Day Sets Fire a autant de chances d’accéder à la gloire qu’au statut de groupe culte tombé dans l’oubli. Ces anglais ont, plus encore que Cajun Dance Party, une chance d’introduire le ver dans la pomme mainstream. On ne saurait que trop les remercier pour cette première émotion en espérant que bien d’autres suivront. ‘Summer Palace‘ est un de ces trop rares disques pop-rock qui marie émotions, esprit aventureux avec des mélodies à se damner. Chaudement recommandé.