Contrairement à ce qu’un rapide tour d’horizon pourrait amener à penser, le Danemark n’est pas qu’une fabrique à enfoirés notoires tels Lars Ulrich ou [url=http://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Rasmussen]Michael Rasmussen[url], ni qu’un vivier de black metalleux sans talent. Il existe aussi des groupes danois sympathiques et ma fois plutôt avenants, comme Mimas. Ce quatuor est la nouvelle signature de Distile Records qui avaient déjà repéré l’étonnant ‘Zen Mode‘ d’O The Joy (chroniqué par [url=https://www.visual-music.org/chronique-1025.htm]ici[url]), ce qui est gage de qualité.

Mimas propose un post-rock frais et planant, qui… Bon, quand on parle de post-rock, on se dit que c’est typiquement le genre de terme qui ne veux rien dire, que les chroniqueurs sortent dès qu’ils tombent sur un groupe vaguement lounge avec des titres de plus de 5 minutes. [s]Alors que ce n’est pas vrai, en fait c’est écrit dans le dossier de presse[/s]. Oublions le ‘post’ pour un instant et parlons musique, pour une fois. Mimas propose donc une série de morceaux lents, se mettant progressivement en place, laissant apparaître un rock léger mêlé de pop finement ciselée. La voix haute et ouatée, quelques fois muée en polyphonie à la Arcade Fire, nous prends par la main pour nous emmener dans un champs de sonorités colorées, entres guitares espiègles, claviers bienveillants et rythmiques apaisantes. Les danois réussissent à poser des morceaux sereins et doucereux avec une facilité déconcertante. Les soucis et autres tracas s’effacent sans peine devant les mélodies éthérées du combo (‘Treehouse‘, ‘Keep quiet‘, ‘Cats on fire‘). C’est le genre d’exploit que seuls les rares groupes avec une réelle finesse réussissent, tels Elbow ou Mogwai dans un registre plus tumultueux.

Pourtant, ‘The Worries‘ finit par lasser irrémédiablement. Chaque thème musical de l’album est répété trop de fois dans une même chanson. Bien sûr, ce n’est pas rédhibitoire, mais c’est suffisant pour voir poindre l’ennui. De la même façon, stopper une chanson de manière factice avant de reprendre en crescendo la mélodie principale de ladite chanson pour réellement finir en apothéose est certes un procédé classique et efficace, mais le faire pour quasiment chaque titre de l’album dilue complètement l’effet produit, et donne un désagréable sensation de laxisme.

The Worries‘ est un joli album qu’on écouterait volontiers peinard au milieu d’une clairière et qui est bien plus ludique que les hautes sphères inaccessibles d’un Pelican. Malheureusement, l’édifice est grandement terni par quelques choix douteux et un certain systématisme dans la construction des morceaux.